Le tirage d'une batterie de cuisine devient viral sur Facebook

Le reportage d'Alexandre Duval

La direction du IGA Famille Rousseau, à Sainte-Brigitte-de-Laval, espérait fidéliser sa clientèle en offrant une batterie de cuisine sur Facebook. Le pouvoir des réseaux sociaux l'a cependant vite rattrapée : des dizaines de milliers de participants des quatre coins du Québec ont pris le concours d'assaut, au grand désarroi du directeur du supermarché.

Un texte d'Alexandre DuvalTwitterCourriel

« C'est fou, lance le directeur du IGA Famille Rousseau, Jean-François Lambert. Je ne pouvais pas penser un seul instant que Facebook pouvait être aussi fort! »

En quatre jours seulement, son concours a été partagé à près de 37 000 reprises et sa publication a atteint 1,5 million d'internautes.

Dès le premier jour du concours, Jean-François Lambert a su que quelque chose clochait : les mentions « j'aime » s'accumulaient à un rythme beaucoup trop rapide pour la petite municipalité de quelque 6000 âmes. « On s'est couché le soir, on s'est réveillé le lendemain matin, puis on était rendu à quasiment 7000 ou 8000 likes en une journée. C'était la folie! »

« Plus que ça allait, plus que ça se multipliait! Ça n'avait aucun sens de voir les likes se multiplier comme ça! » — Jean-François Lambert, directeur du IGA Famille Rousseau, à Sainte-Brigitte-de-Laval
Jean-François Lambert est un peu dépassé par l'engouement pour son concours. Jean-François Lambert est un peu dépassé par l'engouement pour son concours.  Photo :  ICI Radio-Canada/Alexandre Duval

De l'Alberta au Nouveau-Brunswick, en passant par plusieurs villes québécoises, dont Gatineau, Montréal et Rimouski, le concours de Jean-François Lambert avait la cote auprès des internautes. Il s'est cependant fait prendre à son propre jeu.

« Le but, c'était de rejoindre nos clients ici. Moi, je n'ai aucun d'intérêt à ce que la personne d'Edmonton partage ma page : je sais qu'elle ne viendra pas faire son épicerie ici! » dit Jean-François Lambert.

Une situation commune

Le IGA Famille Rousseau, à Sainte-Brigitte-de-Laval, n'est pas le seul établissement à avoir connu pareil succès avec un concours qui devait pourtant se tenir à petite échelle.

Aleksandra Logist, stratège web chez Chalifour Web Solutions, affirme que les PME sont parfois mal outillées pour lancer de telles initiatives sur les réseaux sociaux.

« Facebook a l'air très facile, dit-elle. On pense qu'on peut facilement gérer ça [...] Sauf qu'en arrière de ça, il y a une réflexion à avoir. Qui est-ce qu'on veut cibler? Pourquoi veut-on faire ce concours-là? C'est ce qui manque ici. »

L'importance d'établir des paramètres

Aleksandra Logist rappelle que pour éviter qu'un concours dégénère sur les réseaux sociaux, il est important d'établir des paramètres clairs dès le départ.

La Loi sur les loteries, les concours publicitaires et les appareils d'amusement stipule notamment que pour tout concours dont la valeur des prix est d'au moins 100 $, un règlement doit être accessible au public.

Ce règlement doit comprendre une kyrielle d'informations dont les conditions de participation, la date et l'heure limites pour participer, une description de la méthode d'attribution des prix ainsi que le nombre, la description détaillée et la valeur des prix offerts.

Batterie de cuisine La batterie de cuisine est offerte en tirage sur Facebook  Photo :  Facebook / IGA Famille Rousseau

Au-delà de l'aspect légal, un concours lancé sur Facebook devrait également faire l'objet d'un calibrage informatique.

« Au niveau de Facebook, en tant que tel, on peut paramétrer nos publications pour que seulement une certaine frange de la population les voie. [Dans le cas du concours du IGA], on aurait pu limiter à Sainte-Brigitte-de-Laval et 20 kilomètres aux alentours », explique Aleksandra Logist.

L'âge, le sexe, les centres d'intérêt et la langue parlée par les personnes qui sont visées par le concours peuvent également être ciblés sur Facebook.

Une leçon à tirer

Jean-François Lambert convient qu'il ne savait pas exactement dans quoi il plongeait en lançant son concours. « On s'est lancé à la bonne franquette un peu, comme les petites entreprises, les petits dépanneurs du coin le font. »

Il n'a cependant pas fini d'être dépassé par les événements puisque son concours se poursuit jusqu'à Pâques. « On ne peut pas reculer parce qu'on s'est compromis sur une date. On va laisser la machine aller et voir comment ça va finir, tout ça! »

Le tirage aura lieu le 26 mars, mais M. Lambert prévient que le gagnant devra venir chercher son prix sur place.

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