Sirop d'érable : une acéricultrice de la Beauce en faveur du rapport Gagné

Le reportage d'Alexandre Duval

Des acériculteurs qui contestent le système de mise en marché du sirop d'érable voient d'un bon œil le rapport Gagné sur les enjeux de l'industrie acéricole, qui leur donne en partie raison.

Les recommandations émises par l'ancien sous-ministre Florent Gagné redonnent espoir à la productrice de sirop d'érable Angèle Grenier qui se bat depuis une quinzaine d'années pour exporter son sirop d'érable sans passer par la Fédération. 

« Avant hier, j'étais comme en enfer. Mais là, je vais vous dire que je suis comme au purgatoire », laisser tomber l'acéricultrice de Sainte-Clotilde-de-Beauce, qui est perçue comme une « récalcitrante » par la Fédération.

Le rapport Gagné rendu public jeudi ouvre la voie à une modification du système actuel, qui force les producteurs québécois à faire affaire avec la Fédération des producteurs acéricoles pour son sirop vendu en vrac.

Le rapport propose un droit de retrait du système de mise en marché collective, ce que réclame Angèle Grenier. « Je ne veux pas être payée par la Fédération. Je veux être libre comme lorsque j'envoyais mon sirop en exportation et que c'est mon acheteur qui me le payait directement. »

S'il choisit de se retirer, le producteur devrait tout de même accepter de payer la taxe à la Fédération. « Il pourrait produire son sirop, le vendre à qui il veut, le prix qu'il veut, quand il veut, mais par contre, ce n'est pas une façon de se sauver des coûts de la Fédération, des coûts du système collectif », explique l'auteur du rapport Florent Gagné.

Le rapport recommande aussi que les quotas de production de sirop d'érable soient abolis au Québec. « On se demande vraiment à quoi sert le contingent dans un marché international en expansion. De dire on va se restreindre dans notre production, puis on va laisser les Américains, les gens du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario, qui eux n'ont pas de contingent, prendre ce marché, c'est comme si on était dans une course et qu'on se retient d'avancer trop vite », illustre M. Gagné.

Les nouvelles mesures mettraient fin aux sanctions imposées aux acériculteurs qui s'opposent au système actuel. Angèle Grenier soutient qu'on lui a imposé entre 350 000 $ et 500 000 $ d'amendes. « Mon amende vaut plus cher que ce que mon érablière vaut », s'inquiète-t-elle.

« Si ces recommandations-là étaient acceptées, on aurait beaucoup moins de cas comme ça. En fait, je crois qu'il n'y en aurait plus », soutient M. Gagné.

En attendant de voir quelle suite le gouvernement donnera aux recommandations de Florent Gagné, les producteurs s'attendent à une réplique corsée de la Fédération. L'auteur du rapport aussi. « Est-ce qu'on assistera à une guerre atomique? Je ne le sais pas, j'espère que non », dit M. Gagné

Angèle Grenier croit aussi qu'il y aura de la résistance des producteurs. La Fédération doit se prononcer sur le rapport mardi prochain.

.

Québec en direct Afficher le fil complet