Charlie Hebdo : des caricaturistes répondent armés de leurs crayons

Réagissant à la mort brutale de quatre de leurs collègues dans l'attaque contre Charlie Hebdo à Paris, des dessinateurs d'ici et d'ailleurs leur rendent hommage en images. Ils dénoncent une attaque à liberté d'expression. 

L'attentat contre le siège du journal satirique français a fait 12 morts, dont 10 membres de la rédaction. Parmi eux figurent quatre illustrateurs vedettes de la publication : Cabu, Charb, Tignous et Wolinski. 

Caricaturistes québécois touchés

À Québec, le dessinateur au Soleil André-Philippe Côté se dit sous le choc. « Je suis complètement stupéfait, je suis sans mots. » 

Il dénonce une attaque à la liberté d'expression, que défendait Charlie Hebdo. « Ce matin, il n'y a pas juste 12 morts, c'est la liberté d'expression qui est complètement amochée, il va y avoir des gens qui vont avoir peur ».

Le caricaturiste André-Philippe Côté peine à comprendre cette attaque à l'arme lourde contre des journalistes et dessinateurs.

« Normalement, on est habitués d'avoir des débats où on se bat avec les mêmes armes. Nous, on fait des dessins ou on écrit et les gens en face de nous répondent par l'écrit ou par des dessins, mais là, des gens répondent par les armes, c'est disproportionné. On fait un dessin et ils nous tirent dessus. C'est invraisemblable comme situation. »

Le caricaturiste du Devoir, Michel Garneau, alias Garnotte, déplore aussi une atteinte à la liberté d'expression. « Ils [Charlie Hebdo] ont voulu jusqu'au bout défendre le principe de liberté d'expression et de pouvoir s'exprimer sur tous les sujets sans contraintes et sans menaces. C'est complètement absurde [cet attentat]. »

Le propriétaire du magazine humoristique Safarir se dit aussi sous le choc. Louis Martin affirme que des membres de son personnel ont déjà été menacés par le passé. Il craint les effets de l'attentat.

« La liberté d'expression est vraiment mise en danger et je ne pense pas qu'il faut céder, mais ce qui m'inquiète, c'est la suite de tout ça, ce que ça va donner comme répercussions dans le monde de l'humour imprimé. Est-ce que les gens vont avoir peur de s'exprimer? Des fanatiques, il y en a partout. »

De son côté, le caricaturiste du Journal de Québec, Yannick Lemay, alias Ygreck, s'est rapidement mis à sa table à dessin ce matin en réaction à la nouvelle. 

« C'est la liberté d'expression qui est attaquée, c'est pas juste les caricaturistes, c'est les médias, les journalistes, une communauté beaucoup plus large que le simple dessinateur », réagit-il.

Yannick Lemay croit que la communauté journalistique et médiatique pourrait être amenée à se solidariser afin de combattre le radicalisme derrière les tragiques événements.

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