L'opposition au projet d'oléoduc Énergie Est s'intensifie

Le conseil traditionnel de Wendake s'oppose au projet de TransCanada en raison de ses risques trop élevés pour son territoire Le conseil traditionnel de Wendake s'oppose au projet de TransCanada en raison de ses risques trop élevés pour son territoire  Photo :  Radio-Canada

L'opposition au projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada s'intensifie dans la région de Québec. Le conseil traditionnel de Wendake s'oppose au projet en raison des risques trop élevés qu'il représente pour son territoire.

Dans une lettre, le conseil traditionnel de Wendake explique les raisons qui le poussent à s'opposer au projet. Il est inscrit que « face à une telle menace contre l'environnement, nos sépultures sacrées et les générations à venir, nous ne pouvons que nous opposer à ces projets de pipelines. Manifestement, les risques et les conséquences sont beaucoup trop élevés ».

Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui dit s'inquiéter également des conséquences du passage de l'oléoduc sur les terres ancestrales des Hurons, qui s'étendent tout le long du fleuve Saint-Laurent.

Le grand chef de la Nation huronne-wendat, Konrad Sioui Le grand chef de la Nation huronne-wendat, Konrad Sioui  Photo :  Radio-Canada

« Nous autres au départ, on dit non pas vraiment. On n'est pas intéressés à ce qu'un oléoduc passe sur le territoire ancestral », fait-il savoir.

Il ne s'oppose toutefois pas directement au projet. Il espère en fait mener une étude indépendante sur ses impacts, une étude pour laquelle TransCanada a promis de verser 450 000 dollars à la nation huronne. De l'argent qu'il attend toujours.

« S'ils ne sont pas sérieux et s'ils veulent jouer sur les mots, ils vont perdre beaucoup, beaucoup, beaucoup plus qu'ils pensent. Quand la nation huronne s'aperçoit qu'elle n'a pas été bien traitée ou qu'on lui a menti, ou qu'on a pas respecté son territoire, elle peut devenir une guerrière impitoyable », ajoute-t-il.

Traduction exigée

Les Hurons ne sont pas les seuls à demander d'être traités de façon équitable. Un groupe de propriétaires de Lévis demande à Philippe Couillard de faire pression afin que les documents relatifs au projet soient traduits en français.

France Lamonde, présidente de l'Association de propriétaires privés, agricoles et forestiers chez qui le pipeline doit passer dans Lévis, a envoyé une lettre au premier ministre Philippe Couillard.

« C'est irrespectueux tant qu'à moi que des gens viennent chez nous nous imposer des règles. » — France Lamonde, présidente de l'Association de propriétaires privés, agricoles et forestiers

Elle souhaite que le premier ministre s'assure que les 30 000 pages du projet de TransCanada déposées à l'Office de l'énergie soient traduites en français.

« Nous, on veut qu'il fasse aussi une plainte au Commissaire aux langues officielles, précise-t-elle. C'est irrespectueux tant qu'à moi que des gens viennent chez nous nous imposer des règles. Ils décident que si ça ne fait pas mon affaire, ils m'exproprient puis je n'ai pas le droit d'avoir les informations dans ma langue. »

Les documents déposés par TransCanada à l'Office nationale de l'énergie, qui évaluera le projet, ne sont pas tous disponibles en français. C'est justement devant l'Office que les propriétaires devront défendre leur point de vue.

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