Militaire tué : prise de conscience à Valcartier

Les événements qui ont eu lieu lundi à Saint-Jean-sur-Richelieu, alors qu'un homme aurait foncé délibérément sur deux militaires, alimentent les discussions chez les soldats canadiens de Valcartier.

Entrée sur le site de la base de Valcartier Entrée sur le site de la base de Valcartier

Si les militaires touchés ne provenaient pas de la base de Valcartier, leurs confrères de la base militaire se sentent néanmoins concernés pas les événements. Les militaires ont reçu le mot d'ordre de ne pas commenter cette affaire, mais font part de leur préoccupation, du choc et de leur solidarité avec la famille du militaire qui a été tué.

Le caporal Bourgault de la base miltaire de Valcartier. Le caporal Bourgault de la base miltaire de Valcartier.  Photo :  Radio-Canada

Le caporal Bourgault rencontré près de la base militaire dit constater que porter l'uniforme militaire en public peut entraîner un certain risque.

« C'est sûr que là, on ne va pas commencer à se checker tous les cinq minutes, mais c'est sûr que c'est inquiétant un peu. On n'est pas à l'abri de ça, une auto, on se promène dans la rue et on se rend pas compte, ils nous ramassent », dit le caporal.

Les militaires n'hésiteront pas pour autant à porter leur uniforme à l'extérieur de la base. « Je représente quelque part le peuple canadien et le peuple québécois, quelque chose qui est la défense nationale, alors je ne peux pas me permettre d'avoir peur », déclare le caporal Jonathan Landu du Royal 22e Régiment.

Le militaire Jonathan Landu n'hésitera pas à porter son uniforme. Le militaire Jonathan Landu n'hésitera pas à porter son uniforme.  Photo :  Radio-Canada

« Je me dis qu'on est quand même bien protégés et je ne pense pas qu'il y ait de craintes à avoir », commente pour sa part Julie Parent du Royal 22e Régiment.

Les militaires affirment d'ailleurs ne pas avoir reçu de mot d'ordre de ne pas porter l'uniforme en dehors de la base, qui compte plusieurs milliers de soldats.

Hier après-midi à Saint-Jean-sur-Richelieu, deux militaires ont été blessés lorsque Martin Couture-Rouleau, un jeune homme récemment converti à l'islam, a foncé délibérément sur eux avec sa voiture dans le stationnement d'un centre commercial. L'un des deux militaires a succombé à ses blessures. Martin Couture-Rouleau a été abattu au terme d'une poursuite policière.

Minorité d'individus

Les spécialistes qui observent une montée de l'islamisme radical en Europe estiment quant à eux qu'il ne faut pas céder à la panique. Selon Aurélie Campana, professeure agrégée titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les conflits et le terrorisme, s'il y a une recrudescence de l'islamisme, la plupart des gens qui se convertissent ne se radicalisent pas.

« Ceux qui adoptent des idées radicales forment une infime minorité et ceux qui passent à la violence forment une minorité encore plus étroite », dit-elle.

Les personnes susceptibles de passer à l'acte sont néanmoins très difficiles à identifier. « On n'arrive pas vraiment encore à identifier un profil de terroriste type parce les cas sont tellement différents, il ya tellement de motivations diverses qui expliquent la radicalisation », explique Mme Campana.

La spécialiste mentionne par contre que les réseaux sociaux ont une grande influence sur les terroristes potentiels. Elle croit que les vidéos, les blogues ou les réactions positives que leurs commentaires peuvent susciter sur Internet peuvent stimuler les comportements radicaux.

Une entrevue avec Stéphane Leman-Langlois directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme à l'Université Laval

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