Décès de l'ex-ministre péquiste Jean Garon

Jean Garon, ancien ministre de l'Agriculture dans le gouvernement péquiste de René Lévesque Jean Garon, ancien ministre de l'Agriculture dans le gouvernement péquiste de René Lévesque  Photo :  PC/JACQUES BOISSINOT

L'ancien maire de Lévis et ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de René Lévesque, Jean Garon, est décédé mardi soir à la suite d'un arrêt cardiaque à l'âge de 76 ans.

Jean Garon, qui souffrait de diabète depuis plusieurs années, était hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Lévis depuis lundi en raison de la détérioration de son état de santé.

Né le 6 mai 1938 à Saint-Michel dans Bellechasse, Jean Garon a été député péquiste de la circonscription de Lévis à l'Assemblée nationale de 1976 à 1998.

Il a occupé les fonctions de ministre de l'Agriculture de 1976 à 1985 et de ministre de l'Éducation de 1994 à 1996. Jean Garon a par la suite été maire de Lévis de 1998 à 2005.

Un décès rapide

Le décès de Jean Garon est survenu rapidement alors qu'il était seul dans la salle de l'urgence, raconte son frère Emmanuel Garon.

« Jean est décédé très rapidement, pendant qu'il n'y avait personne, il n'a pas voulu déranger. Ça, c'était vraiment Jean », relate le frère cadet de Jean Garon.

Emmanuel Garon raconte que son frère était un homme fidèle qui ne trahissait pas ses convictions. Emmanuel Garon raconte que son frère était un homme fidèle qui ne trahissait pas ses convictions.

Si Jean Garon ne faisait pas de vagues pour son intérêt personnel, il en était tout autrement quand il s'agissait de défendre les intérêts de la société. C'est un homme de projet, ambitieux et réaliste qui a quitté les siens, résume Emmanuel Garon.

« Je le voyais toujours comme un défenseur, il y avait toujours l'avocat derrière lui aussi, il défendait. S'il était convaincu, il fallait avoir de solides arguments pour le faire changer d'avis. »

Hommage de la classe politique

Le décès subit de Jean Garon suscite de nombreuses réactions. La classe politique, notamment, rend hommage à l'homme qui a fait un passage remarqué à l'Assemblée nationale, particulièrement comme ministre de l'Agriculture.

Père de la Loi sur la protection du territoire agricole, Jean Garon, connu pour son franc-parler, était un travailleur acharné, déterminé et engagé, se rappelle le doyen des députés à l'Assemblée nationale, François Gendron.

François Gendron François Gendron, député péquiste d'Abitibi-Ouest

« C'était tellement un déterminé, un convaincu, un travailleur infatigable, il ne dormait à peu près jamais, drôle aussi. Il ne se prenait pas pour un autre, mais un homme passionné, engagé. J'aime les gens qui ont des convictions aussi profondes que Jean en avait », dit-il.

Il salue également le legs de Jean Garon pour l'agriculture.

« Il n'y a personne qui ne se rappelle pas du passage de Jean Garon à l'Agriculture parce qu'il a fait beaucoup. Il a mis l'agriculture sur la map, il a augmenté énormément l'autosuffisance alimentaire, la promotion de Québec, le Québec d'abord. »

Même ses adversaires politiques reconnaissent la contribution de Jean Garon lors de son passage en politique provinciale. Le ministre libéral Jean-Marc Fournier admet que son héritage est considérable. « C'est évident que les livres d'histoire vont reconnaître son passage à l'agriculture. La Loi sur la protection du territoire agricole est un fondement important de notre développement au Québec », affirme-t-il.

Souverainiste dans l'âme

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, décrit pour sa part Jean Garon comme un grand Québécois qui a laissé sa marque dans le développement du Québec. Jean Garon était aussi un souverainiste convaincu, souligne la députée. « C'est un souverainiste qui avait encore à coeur ce projet que je trouve encore extrêmement pertinent, qu'il trouvait encore extrêmement pertinent, de faire du Québec un pays. Ce qu'il a mis comme âme dans ce projet est important. »

De son côté, la nièce de Jean Garon, Pénélope Garon, décrit son oncle comme un homme entier.

« Il a profondément marqué le Québec, particulièrement les agriculteurs. Un franc-parler qui demeure et c'est comme ça qu'il était dans la vie aussi. Il n'y avait pas beaucoup de nuances chez mon oncle. C'était noir ou c'était blanc et c'était quelqu'un d'extrêmement volubile, très engagé, très politisé, avec des opinions très tranchées. »

Le maire de Québec, Régis Labeaume, qui avait travaillé pour un député péquiste à la fin de ses études universitaires, se rappelle de l'humour de Jean Garon lors de réunions.

« Il m'a fait beaucoup rire, c'était un gars tordant, mais qui n'avait jamais l'air d'être de bonne humeur », dit-il.

Il ajoute que le politicien avait une manière bien à lui de faire les choses. « Je me souviendrai toujours à l'Assemblée nationale lorsqu'il avait déposé son plan de zonage agricole du Québec, il était arrivé avec ses grands panneaux et c'était tout un spectacle, il aimait donner du spectacle et il donnait un bon spectacle », poursuit-il.

Jean Garon avait publié ses mémoires l'an dernier sous le titre Pour tout vous dire

Simon Bégin, qui a été attaché de presse de Jean Garon pendant des années, nous relate comment ce dernier a décidé de promouvoir l'indépendance du Québec

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