Invectivée parce qu'elle porte le voile islamique

Le reportage d'Olivier Lemieux

Un nouvel incident vient ternir le débat sur la Charte des valeurs québécoises. Une femme d'origine musulmane, qui vit à Québec depuis 14 ans, a été invectivée le 31 août dernier devant un centre commercial, simplement parce qu'elle portait le voile islamique.

La femme de Abdelmalek Mansouri a été apostrophée par une étrangère. Cette dernière lui aurait lancé qu'il vaudrait mieux, pour elle, qu'elle change de religion.

L'altercation a dérapé lorsque son fils est intervenu. « Madame, c'est quoi votre problème? Pourquoi vous êtes en train de harceler ma mère », aurait-il rétorqué. Le conjoint de la dame raconte que la passante a alors craché au visage de son fils et qu'elle l'a ensuite frappé avec son sac.

Abdelmalek Mansouri a porté plainte à la police et une enquête est en cours.

Ce dernier note qu'en 14 ans de vie à Québec, c'est la première fois qu'un tel incident se produit.
L'affaire vient s'ajouter à la plainte récente d'une jeune musulmane qui affirme avoir été congédiée d'un restaurant de Québec en raison de son voile.

Le maire Labeaume lance un appel au calme. « Il faut qu'on prenne ça un petit peu plus zen, là. Tentons d'être respectueux. Peu importe d'où on vient à Québec, quelles que soient notre origine, nos croyances religieuses et la couleur de notre peau », dit-il.

De son côté, le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, déplore le dérapage des débats entourant la Charte des valeurs québécoises. « Ça me vire à l'envers. C'est exactement le contraire de ce pourquoi je me suis engagé en politique. La division des gens... Ces incidents, on peut même parler d'accidents racistes, moi, ça me lève le cœur », affirme-t-il.

Pour le député caquiste, le gouvernement Marois doit mettre de l'eau dans son vin et limiter l'interdiction du port de signes religieux au personnel de l'état en position d'autorité.
« On aurait un consensus. Au bout de deux semaines... c'est réglé. On passe à un autre appel », avance-t-il.

Quoi qu'il en soit, pour Abdelmalek Mansouri, le mal est déjà fait. Sa femme, dit-il, ne veut plus sortir, parce qu'elle craint le regard des autres.

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