Les ambulanciers intensifient leurs moyens de pression

Entrevue avec le ministre de la Santé, Réjean Hébert

En grève depuis le 24 décembre dernier, les 2500 ambulanciers québécois affiliés à la CSN poursuivent leurs manifestations. Une vingtaine d'ambulanciers manifestent à Sherbrooke devant le bureau de circonscription du ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, pour dénoncer l'absence de convention collective depuis 3 ans.

Les manifestants veulent ainsi convaincre leur employeur de revenir à la table de négociations.

Le ministre Hébert croit toutefois qu'il faut attendre de nouveaux développements avant de revenir à la table des négociations. « Dès qu'on pourra avoir du matériel pour s'asseoir à la table, on le fera », avance le ministre Hébert. « Il y a un contact téléphonique qui doit être établi avec les trois syndicats qui représentent les ambulanciers - parce que ce sont des négociations séparées avec ces syndicats. Donc, il y a reprise, continuité, en fait, avec ces syndicats, au cours de ces négociations, dans le but d'en arriver à une entente le plus rapidement possible. »

Le ministre soutient que des négociations se poursuivent tout de même. « Il y a des contacts qui ont été maintenus tout au cours de la période des Fêtes avec les ambulanciers », a soutenu le ministre Hébert en entrevue à RDI. « Les négociations ne sont pas rompues. On continue à avoir des contacts. Il y a eu des échanges de propositions qui ont été faites. »

« Il y a une analyse de la proposition gouvernementale qui est faite actuellement par les syndicats au niveau des régimes de retraite. Alors, on continue les négociations. » — Réjean Hébert

Moyens de pression

Les ambulanciers ont cessé d'annoncer l'arrivée des nouveaux cas qui ne sont pas dans un état critique, ce qui complexifie le travail des intervenants dans les salles d'urgence, débordées ces jours-ci par l'affluence de malades souffrant de grippe et de gastroentérite.

« C'est un irritant supplémentaire. Habituellement, les ambulanciers préviennent de leur arrivée avec un patient et de la condition du patient. Maintenant, ils ne le font plus, ce qui complique la tâche de nos équipes », explique Richard Fournier, le directeur des communications du CHU de Québec qui chapeaute cinq hôpitaux.

Le président de l'Association des travailleurs préhospitaliers (ATPH) de la région de Québec, Martin Jobin, rappelle que les ambulanciers n'ont pas l'habitude de prévenir la centrale s'il s'agit d'un cas de grippe par exemple. Il souligne que les ambulanciers continuent de signaler toute situation urgente et que la santé des malades n'est donc pas compromise.

Martin Jobin convient toutefois que les moyens de pression surviennent dans une période particulièrement occupée dans les hôpitaux. Selon le président de l'ATPH, il s'agit d'un exercice nécessaire pour faire progresser les négociations, actuellement au point mort. Le syndicat n'écarte d'ailleurs pas la possibilité d'intensifier la pression.

« Il y a d'autres moyens qui sont toujours dans le sac à surprise du comité de mobilisation. Si on doit les sortir, on va les sortir! » — Martin Jobin

Le ministre Hébert estime que les moyens de pression des ambulanciers, bien qu'ils puissent occasionner des désagréments aux centres hospitaliers, n'affectent pas les services aux citoyens. « Ce que j'ai comme information à l'heure actuelle, c'est qu'il n'y a pas d'impact sur les patients, que les impacts administratifs sont quand même limités. Mais, ce sont des moyens de pression. »

« Je crois que les ambulanciers ont le droit de faire valoir leurs revendications et ces moyens n'affectent pas l'accès au système de santé par les citoyens. » — Réjean Hébert

Environ 2500 ambulanciers paramédicaux affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), dont 900 à Montréal et 250 à Québec, sont sans contrat de travail depuis trois ans. Ils exercent des moyens de pression depuis le 24 décembre. Les pourparlers sont rompus depuis.

Une première manifestation a eu lieu à Montréal, dimanche, et d'autres se tiendront à Saguenay, sur la Côte-Nord et une dernière à Québec le 11 janvier prochain.

Un attaché de presse du ministre de la Santé a reconnu samedi que les moyens de pression des ambulanciers pouvaient avoir un impact dans les salles d'urgence. Mais les pourparlers « reprendront bientôt », a-t-il affirmé.

Demandes syndicales

Les syndiqués demandent notamment une amélioration de leur régime de retraite, la réduction du nombre d'échelons salariaux, des réaménagements à leur période de probation et l'abolition de certains frais qu'on leur réclame (frais de caserne).

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