Un comité des Communes révisera l'outil de traduction automatique

Le reportage de Catherine Lanthier

Le comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes a voté, lundi après-midi, en faveur d'une étude portant sur le Bureau de la traduction et de son outil de traduction automatique.

L'outil de traduction automatique qui sera accessible à l'ensemble des fonctionnaires d'ici quelques semaines est une source de préoccupation depuis qu'un reportage de Radio-Canada a révélé de nombreuses erreurs de traduction du langage courant.

La pdg du Bureau de la traduction Donna Achimov sera invitée à comparaître et à s'expliquer devant le comité.

Source d'inquiétude

Parmi les premières personnes à se préoccuper de l'outil de traduction automatique se trouve Donald Barabé, un ancien vice-président du Bureau de la traduction qui a oeuvré 35 ans au sein de l'organisme.

M. Barabé fait partie du groupe restreint de fonctionnaires à l'origine de la mise sur pied de l'outil.

Il soutient que le Bureau de la traduction fait présentement un mauvais usage de l'outil de traduction. Le Bureau encouragerait ses employés à s'écrire des courriels avec cet outil, mais selon lui, il devrait être utilisé uniquement à titre d'information personnelle pour la lecture. L'outil ne devrait en aucun cas servir à l'écriture.

En temps normal, une révision professionnelle du texte devrait être faite à chaque fois que l'information est communiquée à un ou des collègues, a-t-il expliqué en entrevue. Cela doit être fait même si cette information est informelle.

Selon Donald Barabé, cette consigne sert à ne pas compromettre l'égalité des langues officielles.

Un outil pas encore prêt

Le nouvel outil de traduction du Bureau de la traduction est loin d'être parfait. Le nouvel outil de traduction du Bureau de la traduction est loin d'être parfait.  Photo :  ICI Radio-Canada

La technologie n'est pas assez avancée pour permettre à un outil de traduire automatiquement et correctement un texte.

Alan Bernardi, président-directeur général du Centre de recherche en technologies langagières soutient que l'outil avec lequel travailleront l'ensemble des fonctionnaires sert davantage à la compréhension de textes qu'à la rédaction.

Potentiellement dans cinq ans, l'outil devrait être « assez performant pour faire la traduction de petits courriels et de textes simples », analyse-t-il.

Craintes légales

Malgré ces mises en garde et ces préoccupations, Service public et Approvisionnement Canada a toujours l'intention d'implanter l'outil d'ici le 31 mars prochain.

Dans un tel contexte, le Nouveau Parti démocratique craint que la Loi sur les langues officielles ne sera pas respectée.

« C'est très inquiétant ce qui se passe présentement et malheureusement les libéraux n'ont pas l'air de changer rapidement, comme ils se devraient, la direction qu'avait prise les conservateurs », a affirmé François Choquette, un porte-parole en matière des langues officielles.

Avec les informations de Catherine Lanthier

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