Le syndicat des professeurs de l'UQO accuse la direction d'intimidation

La façade de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). (nov 2014) La façade de l'Université du Québec en Outaouais (UQO). (nov 2014)  Photo :  Radio-Canada

Le syndicat des professeurs de l'UQO dénonce ce qu'il qualifie de « manoeuvre d'intimidation » de la part de la direction envers deux de ses membres.

Radio-Canada a appris que deux professeurs ont été rencontrés par le vice-recteur de l'Université, après avoir exprimé publiquement leur opinion sur les résultats d'une décision d'arbitrage dans le dossier du printemps érable.

Le 7 janvier dernier, des entrevues ont été réalisées avec des professeurs, à la suite du dévoilement de la décision d'un tribunal d'arbitrage qui a blâmé la direction de l'Université dans sa gestion de la crise étudiante au printemps 2012

Les professeurs Dimitri Della Faille et Stéphanie Demers ont été convoqués par le vice-recteur à l'enseignement et à la recherche suppléant, André Manseau, quelques jours après la diffusion de ces entrevues.

Correctif :

Cet article a été corrigé le 18 février 2016 en raison d'erreurs factuelles. Nous mentionnions que le vice-recteur qui a rencontré les deux professeurs était Yves Dupont, alors qu'il s'agissait en fait d'André Manseau.

Le vice-recteur voulait connaître leur point de vue sur ce qui lui semblait être des « déclarations fautives et préjudiciables envers l'UQO » .

Extrait de la lettre envoyée par le vice-recteur de l'UQO à deux professeurs. Extrait de la lettre envoyée par le vice-recteur de l'UQO à deux professeurs.  Photo :  Ici Radio-Canada

« Inconcevable pour des universitaires »

« C'est une mesure qui est absolument intimidante » selon la présidente du Syndicat des professeurs de l'UQO, Louise Briand.

Elle ajoute que cela est « absolument inconcevable pour des universitaires qui ont le devoir de critiquer la société, mais aussi l'institution elle-même. »

Les deux professeurs n'ont subi aucune mesure disciplinaire pour les propos qu'ils ont tenus. Ils ont toutefois préféré que ce soit le syndicat qui nous accorde une entrevue sur le sujet cette fois-ci.

Le syndicat craint que ces convocations fassent hésiter certains professeurs à prendre position dans le futur.

Rien d'inhabituel selon l'UQO

La direction de l'Université affirme que ces rencontres n'ont rien d'anormales. Selon le directeur des communications de l'UQO, Gilles Mailloux, les membres de la direction peuvent demander à rencontrer des employés afin d'obtenir leur point de vue sur une situation.

Les deux partis ne s'entendent pas sur ce qu'il est acceptable d'exprimer publiquement, comme professeur, en vertu de la liberté académique.

Les professeurs et l'Université sont en pleine négociation pour le renouvellement de la convention collective.

Avec les informations de Laurie Trudel

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