Des feux devant la prison d'Ottawa-Carleton? Pas une priorité selon les agents correctionnels

Le centre de détention d'Ottawa-Carleton. Le centre de détention d'Ottawa-Carleton.  Photo :  Google Map

La Ville d'Ottawa est priée par la province d'installer des feux de circulation aux abords du centre de détention d'Ottawa-Carleton, sur le chemin Innes, dans l'est d'Ottawa. Les agents correctionnels croient cependant que cela ne devrait pas être une priorité.

Un texte d'André DalencourTwitterCourriel

C'est le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Yasir Naqvi, qui en a fait la demande par le biais d'une lettre envoyée, le 31 décembre dernier, au conseiller municipal du quartier Innes, Jody Mitic.

Le député provincial d'Ottawa-Centre déplore que les employés et les visiteurs du centre de détention doivent traverser plusieurs voies de circulations pour entrer et sortir de l'établissement.

M. Naqvi rappelle que la circulation est très dense sur cet axe routier et que les voitures roulent à grande vitesse. Il estime que cela pose un « sérieux problème de sécurité ».

« Je crois que des feux de circulation à l'entrée principale sont essentiels pour améliorer la sécurité des employés et des visiteurs du centre de détention d'Ottawa-Carleton et celle des automobilistes. » — Yasir Naqvi, ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels

Dans sa lettre, Yasir Naqvi raconte par ailleurs qu'un employé, qui avait terminé sa journée de travail, a été impliqué dans une collision le soir de Noël. Il souligne que bien heureusement, personne n'a été blessé, mais il croit que cela montre à quel point des feux sont nécessaires.

Le ministre se dit prêt à travailler de concert avec le maire d'Ottawa afin d'installer les feux le plus rapidement possible.

Des gardiens de prison mécontents

Yasir Naqvi a publié sa lettre sur son compte Twitter, tôt samedi matin, en prenant soin de mentionner le conseiller Jody Mitic et la Ville d'Ottawa.

Il s'en est suivi une série de commentaires de la part de plusieurs agents correctionnels, dont certains assez virulents à l'encontre du ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels.

Un employé syndiqué indique par exemple qu'il y a mieux à faire dans un contexte où la prison d'Ottawa-Carleton tombe en ruine, que d'installer des feux de circulations.

Des responsables syndicaux font pour leur part référence au conflit de travail qui couve entre la province et le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO).

En effet, les 6000 agents des services correctionnels sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2014. Ils réclament des augmentations salariales, d'être reconnus comme un service essentiel, des améliorations à leurs conditions de travail et que leur emploi peut engendrer des troubles de stress post-traumatique.

Le gouvernement ontarien et le SEFPO ont jusqu'au 10 janvier à minuit pour trouver un terrain d'entente, sinon ils seront en position légale pour déclencher une grève ou imposer un lockout.

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