Un journal du Pontiac contrevient à la politique de l'OQLF sur les publicités en anglais

La coéditrice du Journal du Pontiac, Lily Ryan. La coéditrice du Journal du Pontiac, Lily Ryan.  Photo :  CBC / Giacomo Panico

L'éditrice d'un journal de la région du Pontiac affirme que l'Office québécois de la langue française (OQLF) lui a fait parvenir une mise en demeure, qui lui ordonne de placer les annonces en anglais à la fin de sa publication. Selon elle, cet ordre ne cadre pas avec l'esprit du bilinguisme qui règne dans la région.

Lily Ryan soutient que son journal, qui paraît deux fois par mois dans la MRC de Pontiac, est bilingue depuis des années. Il propose du contenu en anglais et en français, afin de satisfaire une clientèle qui souhaite avoir de l'information dans les deux langues officielles.

Les items de langues différentes ou bilingues cohabitent souvent, que ce soit sur la première page ou à l'intérieur du journal. Il n'y a pas d'ordre particulier, car seuls comptent la pertinence et le ton des articles. Par ailleurs, tous les textes ne sont pas systématiquement traduits dans la langue de Molière ou celle de Shakespeare.

« Les communautés, les maisons, les chambres ne sont pas séparées dans le Pontiac. Pourquoi notre journal devrait l'être? », questionne Mme Ryan.

De la même façon, les publicités dans le journal ne suivaient pas un ordre particulier et c'est là que les problèmes ont commencé.

La Charte est très claire

L'Office québécois de la langue française a pris en main ce dossier en 2012, à la suite d'une plainte comme quoi le journal ne respectait pas la Charte de la langue française. Un porte-parole de l'OQLF a confirmé qu'une enquête avait été ouverte, conformément à la procédure.

Le 16 avril dernier, l'organisme a envoyé une mise en demeure au journal demandant que les publicités en anglais soient confinées dans une section réservée au contenu exclusivement anglais.

« Nous devons maintenant regrouper le contenu en anglais dans une partie réservée aux items de cette langue, et il faut que cette section soit placée " à l'arrière du bus " », précise l'éditrice. En d'autres termes, le contenu en anglais ne doit pas être prédominant sur celui qui est en français ou bilingue.

Dans une déclaration écrite publié sur son site, l'OQLF précise qu'elle ne réglemente pas ce qui se trouve dans le journal, mais que l'article 58 de la Charte de la langue française stipule que « la publicité commerciale doit être faite en français. Elle peut être également dans une autre langue si le français y figure de façon nettement prédominante ».

Une mise en page complexe

Au-delà du fait qu'elle soit en complet désaccord avec à la décision de l'OQLF, Lily Ryan déplore l'impact sur la mise en page de la publication, qui se révèle être cauchemardesque.

Elle rappelle qu'elle vend de l'espace publicitaire pour plusieurs parutions en même temps. Mme Ryan soutient en outre qu'elle n'a pas de contrôle sur la langue d'impression que choisissent ses clients.

« Nous sommes une petite entreprise. Nous ne pouvons pas nous permettre de donner plus d'espaces à des publicités unilingues anglophones, afin que ces dernières soient bilingues, et nos clients ne peuvent pas se le permettre financièrement », souligne-t-elle.

Tout ce casse-tête pourrait être évité si Lily Ryan décidait de publier un journal exclusivement en anglais, mais elle soutient qu'elle ne pourra plus atteindre près de la moitié de la communauté qu'elle dessert.

Elle croit aussi qu'une publication totalement bilingue réduirait la place disponible dans le journal.

D'après un reportage de CBC

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