Les Canadiens connaissent peu « Idle No More »

Le journaliste André Dalencour explique que le mouvement « Idle No More » risque de s'essouffler

Cela fait près de deux mois que les militants et sympathisants de « Idle No More » sont mobilisés. Pourtant selon de récents sondages, les Canadiens en savent encore bien peu sur ce mouvement.

Ils étaient plusieurs centaines de manifestants à avoir battu le pavé dans les rues d'Ottawa, lundi. Une démonstration de force malgré le froid et la neige. Dans le camp des manifestants, l'optimisme demeure.

Le chef de la Première nation de Serpent River, Isadore Day Le chef de la Première nation de Serpent River, Isadore Day
« Je pense que c'est seulement le début. Je pense que ça s'en va en grossissant. Je pense que ça va faire boule de neige. » — Michaël Paul, manifestant

« Idle No More » a réussi à capter l'attention des médias, mais certains sont conscients que cela ne va pas durer. Le chef de la Première nation de Serpent River, Isadore Day, estime que la grève de la faim de Theresa Spence a cristallisé l'attention de l'opinion publique, mais que la pression semble redescendre.

Un récent sondage de La Presse Canadienne/Harris Decima révèle en fait que les Canadiens connaissent peu le mouvement autochtone et que les Québecois sont les moins au courant par la cause au pays.

Sondage CBC/Nanos Sondage CBC/Nanos

Paradoxalement, un autre sondage de CBC /Nanos montre que par rapport à la moyenne nationale, les Québécois et les Ontariens sont ceux qui pensent le plus que les barrages routiers sont utiles à la cause.

« Si je me mets dans la peau de ces gens-là, je me dis qu'il faudrait même faire plus que bloquer les chemins. » — Bruce Hobbs, résident d'Ottawa

La professeure en sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, Charmaine Levy, croit qu'à trop déranger, « Idle No More », court le risque de susciter l'hostilité et de perdre ainsi son capital de sympathie dans la région d'Ottawa.

La professeure en sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, Charmaine Levy La professeure en sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais, Charmaine Levy

Elle explique que contrairement à la grève des enseignants en Ontario, par exemple, une problématique qui touche beaucoup de monde, le mouvement autochtone ne rejoint pas autant la population.

Selon elle, l'avenir de « Idle No More » dépendra de la capacité de ses meneurs à obtenir des victoires sur le plan politique et pas simplement dans la rue.

D'après le reportage d'André Dalencour

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