Reprise du procès de Steven Desjourdy

Le journaliste Michel-Denis Potvin a assisté à la reprise du procès de Steven Desjourdy

Le procès du sergent Steven Desjourdy, de la police d'Ottawa, accusé d'agression sexuelle contre une détenue, a repris mercredi.

La Couronne a convoqué à la barre des témoins le sergent responsable du bloc cellulaire lors de l'arrestation de la victime présumée le 6 septembre 2008.

Le sergent David Christie ne se souvient pas s'il est intervenu auprès de la présumée victime lors de son arrestation ou du comportement agressif de cette dernière. Pourtant une vidéo montre le sergent Christie qui regarde la victime.

Steven Desjourdy lors de la reprise de son procès en janvier 2013. Steven Desjourdy lors de la reprise de son procès en janvier 2013.

Steven Desjourdy a pris la relève comme responsable du bloc cellulaire ce jour-là.

Un autre témoin, l'agent Cameron Downey, a raconté qu'il n'a vu aucun signe de tendance suicidaire chez la présumée victime lors de sa présence au bloc celluilaire. Le policier a participé à l'immobilisation de la femme avec cinq agents.

Un interdit de publication empêche les médias d'identifier la plaignante dans cette affaire.

On ne sait pas encore si Steven Desjourdy décidera de témoigner lors de ce procès. La décision lui appartient.

Le juge Lipson statue toutefois que la Couronne ne pourra pas contre-interroger le policier sur le témoignage qu'il a fait en 2010, lors d'un procès intenté par la police d'Ottawa contre la même détenue.

Rappel des faits

Dans son rapport daté du 6 septembre 2008, soit le soir de l'arrestation, Steven Desjourdy a confirmé qu'il avait coupé avec des ciseaux la chemise et le soutien-gorge de la plaignante. L'agent a expliqué avoir voulu empêcher la femme de se pendre dans la cellule.

Le rapport a aussi confirmé que la détenue avait été incarcérée à moitié nue, vêtue seulement de pantalons souillés, pendant plus de trois heures.

L'agent Desjourdy avait par la suite ordonné qu'on lui donne un vêtement, parce qu'elle s'était calmée et qu'elle souhaitait dormir.

Les délais dans les procédures juridiques ont forcé le report de la reprise du procès au début de 2013.