Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Jean Charest lance à nouveau un appel au calme à Gatineau

Catherine Lanthier a rencontré des manifestants à l'extérieur de l'École secondaire du Versant

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, lance, une fois de plus, un appel aux associations étudiantes pour entamer une ronde de négociations afin de mettre un terme à la grève étudiante.

En visite à Gatineau, le premier ministre a réaffirmé que son gouvernement ne pouvait pas accepter l'intimidation et la violence. Il a expliqué que la hausse des droits de scolarité a été décidée il y a plus d'un an après de longues consultations.

M. Charest participait à un rassemblement partisan à l'École secondaire du Versant. L'événement était organisé par les cinq associations libérales de l'Outaouais.

« Nous voulons rencontrer les associations étudiantes avec qui on veut avoir un échange dans le respect et un échange qui va nous permettre de faire le tour de la question. » — Jean Charest, premier ministre du Québec
L'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec est prête à intervenir. L'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec est prête à intervenir.

Le premier ministre a réussi à quitter les lieux, peu après 14 h, sous forte escorte policière.

L'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec s'est présentée sur les lieux, mais n'est pas intervenue puisque la manifestation des étudiants est restée pacifique. Quelques centaines de personnes se sont déplacées pour participer à la manifestation.

« Nous voulons montrer à la société québécoise que la région de l'Outaouais est capable de se lever. » — Jean-Philippe Levert, étudiant

La visite du premier ministre a été confirmée, tôt dimanche matin, par le Parti libéral du Québec. Certains libéraux, dont la députée de Hull, Maryse Gaudreault, estimaient que la visite devait être annulée en raison des nombreux appels à manifester.

Quelques centaines de personnes ont accueilli Jean Charest à Gatineau. Quelques centaines de personnes ont accueilli Jean Charest à Gatineau.

Des propos condamnés

Plusieurs manifestants ont dénoncé les propos qu'a tenus Jean Charest, vendredi, sur les étudiants. Le député de Papineau, Norman MacMillan, a minimisé les paroles de son chef en indiquant que Jean Charest a un bon sens de l'humour.

Le député de Chapleau, Marc Carrière, a rappelé que les discussions entre le gouvernement et les étudiants doivent être entamées le plus rapidement possible. Il a ajouté que la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, est prête à négocier.

Une grève de la faim

Par ailleurs, Brandon Bolduc, un étudiant en sciences humaines au Cégep de l'Outaouais, entamera une grève de la faim illimitée dès dimanche soir à 23 h 50. Il veut s'enchaîner près du campus Gabrielle-Roy.

L'étudiant réclame une levée des cours à l'Université du Québec en Outaouais pour la durée de l'injonction établie par la Cour supérieure. Il demande aussi à ce que les amendes et accusations déposées contre des étudiants et des professeurs plus tôt cette semaine soient annulées.

Le Syndicat des professeurs de l'UQO se présentera en Cour supérieure, lundi, pour demander la levée de l'injonction qui oblige l'établissement à reprendre la tenue des cours. Selon l'association, il est impossible de dispenser les cours sans compromettre la santé et la sécurité du personnel.

Des manifestants attendent Jean Charest à Gatineau Des manifestants attendent Jean Charest à Gatineau  Photo :  Lorian Bélanger

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