Une jurée au procès pour le meurtre de la petite Victoria Stafford veut de l'aide

L'ex-jurée qui dit être victime d'un traumatisme psychologique. L'ex-jurée qui dit être victime d'un traumatisme psychologique.  Photo :  CBC

L'une des 12 membres du jury au procès de Michael Rafferty pour le meurtre de la petite Tori, 8 ans, ne cesse de revoir dans sa tête les horreurs racontées en cour à London, il y a 4 ans.

La mère de famille, qui ne peut être identifiée parce que les noms des jurés sont protégés par une ordonnance de non-publication, sera à son tour devant les tribunaux le 8 novembre pour obtenir une compensation pour ses frais de psychiatre et la perte de salaire.

La femme dit souffrir de stress post-traumatique secondaire.

« C'est comme si j'étais sur les lieux du crime. Je revoyais sans arrêt dans ma tête les vidéos [présentées au procès]. » — Jurée
Victoria Stafford avait 8 ans lorsqu'elle a été enlevée en 2009 Victoria Stafford avait 8 ans lorsqu'elle a été enlevée et tuée en 2009 (Presse Canadienne)

La Commission ontarienne d'indemnisation des victimes d'actes criminels a rejeté en 2014 sa demande de compensation, affirmant qu'il était « absurde de suggérer qu'un juré puisse être victime d'un crime ».

La jurée s'adresse maintenant à la Cour divisionnaire de l'Ontario.

Pour elle, les sessions d'aide psychologique offertes par le juge après le procès ne suffisaient pas.

« C'est leur devoir civique. On demande à des gens d'écouter des semaines et des semaines, voire des mois d'audiences pour ensuite leur demander d'oublier le traumatisme mental qu'ils ont subi », dit son avocate, Barbara Legate.

Michael Rafferty Michael Rafferty (archives)  Photo :  PC/HO

Aide provinciale?

À l'heure actuelle, aucune aide n'est offerte aux jurés en Ontario, à moins d'une ordonnance d'un juge.

Toutefois, le procureur général de la province, Yasir Naqvi, a précisé mardi qu'il chercherait à offrir plus d'appui aux jurés traumatisés par des procès, sans donner d'échéancier.

« On doit reconnaître le fait que les jurés accomplissent une tâche très importante », a-t-il dit, promettant de mener des consultations.

L'ancien juge en chef de l'Ontario Patrick LeSage, qui avait entre autres présidé au procès du meurtrier Paul Bernardo, est l'un de ceux qui demandent plus d'aide psychologique pour les jurés.

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