Jeune Syrien menacé d'expulsion du Canada

Le jeune Syrien qui demande le statut de réfugié en compagnie de l'intervenante Hannah Deloughery du refuge torontois où il est hébergé. Le jeune Syrien qui demande le statut de réfugié en compagnie de l'intervenante Hannah Deloughery du refuge torontois où il est hébergé.  Photo :  Maureen Brosnahan/CBC

Un Syrien de 16 ans qui demandait le statut de réfugié au Canada fait face à l'expulsion après avoir été intercepté le mois dernier à Fort Érié, en Ontario.

Un texte de Jean-Philippe NadeauTwitterCourriel

Depuis 2004, le Canada n'accepte plus les réfugiés qui transitent par les États-Unis. Les avocats de l'adolescent font tout en leur pouvoir pour éviter qu'il ne soit expulsé du pays le 25 février.

On ne peut nommer l'adolescent en raison de son âge, mais ses avocats affirment qu'il a traversé la frontière seul et qu'il a été mis en confinement solitaire durant trois semaines dans le Centre de détention de Rexdale dans le nord-ouest de Toronto. Le jeune homme a depuis été relâché et pris en charge par la maison Romero, qui aide les réfugiés dans la métropole.

L'adolescent a fui la Syrie avec ses parents au début de la guerre, mais à 16 ans, son statut de résident temporaire est devenu expiré en Égypte, où ils avaient tous trouvé refuge. Ses parents ont alors été aux États-Unis, en sachant que des cousins à Mississauga, en Ontario, s'en occuperaient avant qu'ils ne repartent pour Le Caire.

C'était sans compter une formalité inscrite dans la loi canadienne selon l'un de ses avocats, Aviva Basman. « Malheureusement, les douanes canadiennes ne l'ont pas considéré comme étant un mineur non accompagné, dit-il, parce que ses parents étaient toujours en territoire américain en attendant leur vol de retour. »

Me Basman affirme néanmoins qu'il devrait avoir le droit de soumettre une demande d'asile en bonne et due forme surtout après le traitement de l'Agence canadienne des services frontaliers.

« Nos douaniers l'ont traité de façon révoltante, alors que sa famille pensait qu'il serait en sécurité au pays. » — Me Aviva Basman, avocate du jeune Syrien

L'Agence canadienne des services frontaliers confirme que ses employés ont bien isolé l'adolescent dans le Centre de détention, parce qu'il était trop jeune pour y être emprisonné avec des hommes adultes et qu'il ne pouvait non plus être envoyé dans la section familiale de l'établissement, puisqu'il voyageait seul.

Craintes et incompréhensions

Me Basman dit que le jeune homme est terrifié à l'idée de retourner aux États-Unis, où il ne connaît personne, ou encore en Égypte, où ses papiers de séjour ne sont plus valides. L'adolescent craint par ailleurs que le gouvernement égyptien ne le renvoie en Syrie, où il devra faire son service militaire.

Hannah Deloughery, de la Maison Romero, soutient qu'il est effrayé et confus et qu'il ne comprend pas ce qui lui arrive depuis son arrivée à Fort Érié.

« Il a besoin de notre protection. Tout ce qu'il souhaite, c'est de rester ici et d'y finir son secondaire pour faire des études en génie. » — Hannah Deloughery, Maison Romero

Ses avocats demandent au ministre responsable John McCallum d'intervenir en sa faveur pour des motifs humanitaires. « Il semble qu'il y ait un fossé entre la façon dont le Canada accueille des centaines de réfugiés syriens, poursuit Me Basman, et dont il traite un seul demandeur qui vient ici par lui-même, mais pour les mêmes raisons qu'eux »

Les avocats de l'adolescent tentent entre-temps de suspendre l'avis d'expulsion devant les tribunaux pour lui donner la possibilité d'être entendu d'ici deux mois devant une commission de l'immigration et du statut de réfugié. Pour l'heure, l'Agence canadienne des services frontaliers a accepté lundi de reporter d'une semaine son expulsion.

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