Le policier James Forcillo reconnu coupable de tentative de meurtre

Les précisions de Sébastien St-François.

À Toronto, le jury au procès du policier accusé relativement à la mort de Sammy Yatim vient de l'acquitter du meurtre non prémédité du jeune homme, mais le reconnaît coupable de tentative de meurtre.

Un texte de Jean-Philippe NadeauTwitterCourriel

L'agent de 32 ans était accusé d'avoir abattu le jeune homme de 18 ans qui brandissait un couteau dans un tramway vide de la métropole en 2013. Son avocat, Peter Brauti, avait invoqué durant le procès la légitime défense.

Au contraire d'un juge, un jury n'a pas à donner les raisons pour lesquelles il décide d'acquitter un accusé ou non, mais on peut déduire qu'il a cru à la position de la défense et qu'il a fait sienne au moins l'une des instructions du magistrat, Edward Then.

L'agent James Forcillo pourrait être condamné à passer au moins quatre ans derrière les barreaux. Son avocat a cependant indiqué à la sortie de la cour qu'il allait demander un arrêt des procédures. En attendant les prochaines étapes, James Forcillo n'ira pas en prison, selon son avocat.

La théorie de la défense

L'agent Forcillo avait raconté au début de son témoignage qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer Sammy Yatim la nuit du 27 juillet 2013, mais qu'il voulait « écarter la menace qu'il représentait ». À l'époque, le policier se trouvait à trois mètres de la victime, qui était restée en haut des marches du tramway.

« On nous enseigne à neutraliser un agresseur [...] pour protéger nos vies et celle du public », avait-il expliqué. Jamais n'avait-il toutefois utilisé le mot tuer, mais bien l'expression « éliminer la menace ».

Me Brauti avait même affirmé que Sammy Yatim était toujours menaçant après avoir été atteint par une première série de trois coups de feu. Me Brauti avait expliqué au jury que la victime n'avait pas lâché son couteau en tombant sur le sol et qu'elle avait l'intention de se relever pour bondir hors du tramway afin d'attaquer son client.

L'accusé et ses collègues qui étaient en service la nuit de la fusillade avaient dit à la barre qu'ils ne savaient pas que Sammy Yatim était en train de mourir. L'agent Forcillo avait précisé qu'il avait voulu le neutraliser en ouvrant le feu une seconde fois, parce que l'individu refusait de lâcher son couteau. « J'étais prêt à lutter jusqu'au bout », avait-il souligné.

« Sammy Yatim avait encore la capacité de se lever et de m'attaquer, avait-il dit, j'ai mis ma vie en danger pour le désarmer ». La défense avait d'ailleurs décrit dans ce procès le jeune homme comme étant agressif, antagoniste, belligérant et dangereux. L'usage de la force était donc justifié selon elle.

Les instructions du magistrat

Toutes les plaidoiries reposaient dans ce procès sur les notions d'usage raisonnable ou déraisonnable de la force mortelle dont avait fait preuve l'agent James Forcillo. Le juge Edward Then avait rappelé aux 11 jurés que la Couronne devait prouver hors de tout doute raisonnable que l'accusé n'avait pas agi par légitime défense.

James Forcillo, qui ne cumulait que trois ans et demi d'expérience, avait été libéré sous caution moyennant 510 000 $ à son arrestation. Il avait été suspendu avec salaire.

Les parents de Sammy Yatim, qui sont divorcés, poursuivent chacun de leur côté la police de Toronto pour 15 millions de dollars.

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