Lev Tahor : les enfants retirés aux parents, mais pas immédiatement

Dossier Lev Tahor : décision

Un juge ontarien a décidé de retirer les enfants du groupe religieux Lev Tahor à leurs parents, mais leur laisse 30 jours pour faire appel de la décision. Cette décision a été rendue lundi au palais de justice de Chatham.

La cour ontarienne confirme ainsi une décision rendue en novembre par la Chambre de la jeunesse du Québec. Le jugement s'applique toutefois à 13 des 14 enfants. La personne exclue dans cette nouvelle décision est une mère qui est mineure.

Selon le juge Stephen Fuerth, la Direction de la protection de la jeunesse du Québec a légalement la garde des enfants de la communauté.

Le juge ajoute que quitter la nuit en laissant derrière toutes possessions est davantage une fuite qu'un déménagement planifié. Selon lui, la communauté aurait fui pour éviter des procédures légales et administratives. Par ailleurs, l'ordre du Québec n'est pas contraire aux lois et aux politiques publiques de l'Ontario. Ne pas reconnaître en Ontario un jugement du Québec créerait un « chaos juridictionnel », selon le juge Fuerth.

Les membres de la communauté ont 30 jours pour faire appel de la décision, période pendant laquelle l'aide à l'enfance de l'Ontario peut effectuer des visites surprises à leur domicile.

L'avocat représentant la communauté, Chris Knowles, a affirmé en point de presse que le groupe étudiera le jugement avant de décider s'il fera appel.

« On est surpris par la décision, ce n'est pas celle que l'on voulait, que l'on attendait. On a beaucoup d'information à discuter, faire de la recherche, parler à des experts et décider des prochaines étapes », a dit l'avocat.

Le porte-parole du groupe juif ultra-orthodoxe, Uriel Goldman, a soutenu de son côté que la communauté n'avait pas fui le Québec, et qu'il s'agissait bel et bien d'un déménagement planifié.

Plus tôt, M. Goldman avait affirmé que le retrait des enfants déchirerait sa communauté. Il soutenait toutefois que, peu importe le jugement, les membres de son groupe continueront de collaborer avec les autorités.

Les enfants devront revenir au Québec

La Société d'aide à l'enfance de Chatham-Kent tentait de faire exécuter l'ordonnance de la Chambre de la jeunesse du Québec. Cette dernière a jugé qu'il était urgent de ramener les 14 enfants au Québec afin de les placer sous la protection de la DPJ, pour des raisons de sécurité, d'hygiène et de santé mentale.

Deux familles de la communauté Lev Tahor étaient visées par la décision.

En novembre dernier, plusieurs dizaines de familles du groupe Lev Tahor ont quitté en pleine nuit leurs maisons de Sainte-Agathe-des-Monts, au nord de Montréal, pour s'établir à Chatham. Des membres de la communauté religieuse ont nié les allégations de négligence et expliqué qu'ils avaient déménagé en Ontario afin d'éduquer leurs enfants selon leurs principes religieux, un déménagement qui était prévu, selon eux, depuis longtemps.

Réaction mitigée du Centre jeunesse des Laurentides

La chef du contentieux du Centre jeunesse des Laurentides, Francine Campeau, a des sentiments partagés face à la décision du juge ontarien.

Me Campeau se réjouit que le juge ait reconnu la justesse et la pertinence du jugement rendu par le tribunal de la jeunesse du Québec.

Elle se dit toutefois déçue que des délais supplémentaires de 30 jours aient été autorisés pour permettre aux familles de la secte d'en appeler de cette décision.

La DPJ des Laurentides était prête à accueillir les enfants dès maintenant en cas de besoin. Les procédures d'accueil sont donc suspendues de nouveau.

Avec les informations d'Andréanne Baribeau

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