Elliot Lake : l’enquête publique

Elliot Lake : la structure du centre commercial et l'intervention des équipes de secours au coeur de l'enquête

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Enquête sur Elliot Lake
Le conjoint de l'une des victimes, Gary Gendron, est sceptique

« Penser à cette journée est encore très douloureux pour les gens d'Elliot Lake ». C'est en ces mots que l'avocat Douglas Elliott, qui représente les résidents, résume l'état d'esprit des gens de la communauté en cette journée d'ouverture de la Commission d'enquête publique sur la tragédie qui a coûté la vie à deux femmes le 23 juin dernier.

Le juge Paul Bélanger, qui préside la commission, a rappelé lundi matin la complexité du dossier ainsi que les défis techniques auxquels fait face la commission. 

« Elliot Lake est une petite communauté et les aéroports les plus proches sont à Sudbury et Sault-Sainte-Marie, à au moins deux heures de route », a mentionné le juge. 

Les deux corps retrouvés dans les décombres du centre commercial Algo étaient ceux de Lucie Aylwin, 37 ans, et de Doloris Perizzolo, 74 ans. Une vingtaine de personnes avaient également été blessées. 

Certains parents des deux victimes participeront à l'enquête publique, de même que les propriétaires de l'édifice. Gary Gendron, dont la conjointe, Lucie Aylwin, a péri dans l'effondrement, raconte que la commission « ne la ramènera pas ».

« Pourquoi les ingénieurs ont laissé passer ça (fuites dans le toit qui avaient précédé l'effondrement)?  » — Gary Gendron, conjoint de l'une des victimes

Des milliers de documents ont été fournis à la commission d'enquête. Le commissaire, Paul Bélanger, et son équipe d'avocats les ont parcourus pendant plus de six mois. Les enquêteurs de la commission ont interrogé environ 250 personnes et entendront jusqu'à 75 témoins pendant l'enquête.

Paul Bélanger, qui espère remettre son rapport avant la fin du mois de janvier 2014, a toujours souligné que son mandat, comme dans le cas de toutes les enquêtes publiques, était de déterminer ce qui s'était passé, et non de distribuer des reproches.

Pour les familles des victimes, il est toutefois important que les responsables soient blâmés. Elles ont intenté des pousuites contre plusieurs parties pour la mort de leurs proches.

L'avocat Roger Oatley, qui représente les familles des défuntes, a déclaré que les familles avaient hâte d'entendre les preuves qui établiront les responsabilités de chacun.

Le député néo-démocrate d'Algoma-Manitoulin Micheal Mantha, dont les bureaux se trouvaient dans le centre commercial Algo, espère que la Commission Bélanger fera la lumière sur les méthodes d'intervention des secouristes.

« Est-ce que les équipes de secours avaient toutes les ressources nécessaires à leur disposition ? Ont-elles eu des problèmes de communication ? On doit en apprendre plus pour ne répéter les mêmes erreurs », estime le député.

Le juge Paul Bélanger préside la Commission Le juge Paul Bélanger préside la Commission.  Photo :  Radio-Canada/Naël Shiab

La commission interrogera ceux qui ont travaillé à la construction et à l'entretien du bâtiment, vieux d'une trentaine d'années. Elle devra déterminer les circonstances de l'effondrement et revoir le travail des secouristes. Beaucoup de résidents d'Elliot Lake ont l'impression que les efforts ont été insuffisants pour sauver les vies des deux victimes.

La commission formulera aussi des recommandations afin que de telles tragédies puissent être évitées à l'avenir.

L'avocat Douglas Elliott, qui représente les résidents, dit qu'ils sont partagés entre craintes et espoir

L'enquête publique a été déclenchée par la province en juillet dernier. Elle se déroulera à l'ancienne école d'arts d'Elliott Lake, la White Mountain Academy of the Arts, jusqu'à l'été prochain. Ce mois-ci, des audiences auront lieu du 4 au 8 mars, du 11 au 14 mars, du 19 au 22 mars et du 25 au 28 mars, de 9 h 30 à 16 h 30 chaque jour.

Par ailleurs, une enquête criminelle est toujours en cours. Des poursuites pour négligence ont été intentées.

Six mois après le drame, des équipes ont entrepris une minutieuse démolition du centre commercial, qui était aussi un important point de rencontre à Eliott Lake.

Chronologie des prochains témoignages

  • 5 mars : Dale Craig, expert et ingénieur, sur les qualités d'un bâtiment et d'un toit au moment de sa construction
  • 6 mars : John Kadlec, ingénieur en structures lors de la construction du centre Algo
  • 7 mars : Dave Monroe, ancien vice-président de l'entreprise Harry S. Peterson responsable de la construction du toit et Doug Harman, vice-président et directeur général de l'entreprise Coreslab, fournisseur de la dalle de béton
  • 8 mars : Henry Jasskelainen, ancien superviseur chez Harry S. Peterson, a participé à l'installation de la toiture et y a effectué des réparations
  • 11 mars : James Keywan, architecte, responsable du design du centre commercial
  • 12 et 13 mars : Barbara Fazekas, ancienne bibliothécaire en chef de la bibliothèque publique d'Elliot Lake et Rod Caughill, ancien superviseur du développement d'Algoma Central Properties
  • 14 mars : Domenic Dell'Aquila, ingénieur, embauché par Algoma Central Properties

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