De l'ouest à l'est de Montréal, l'espérance de vie raccourcit de 9 ans

Stade olympique, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve  Photo :  Luc Lavigne

Neuf ans. L'espérance de vie des citoyens qui habitent certains quartiers de l'est de Montréal est inférieure de jusqu'à neuf ans à celle des citoyens de l'ouest de l'île, selon des données divulguées par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

Un texte de Dominic BrassardTwitterCourriel

C'est pour lutter contre ces inégalités en santé que des représentants du CIUSSS, des élus, des groupes communautaires et des citoyens ont décidé de s'attaquer aux sources du problème.

Un demi-million de personnes habitent le territoire du nouveau CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal. Et l'organisation le constate : dans l'est, les besoins en santé augmentent, les urgences débordent et les cas s'alourdissent. Par exemple, le nombre de nouveaux cas de cancers dans l'est est supérieur à la moyenne montréalaise.

Pour voir le graphique sur l'incidence du cancer sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Dans ce même territoire, le tiers de la population souffre d'au moins une maladie chronique. « On se rend compte que c'est lié aux habitudes de vie. On a 38 % de notre population qui a au moins deux habitudes de vie qui sont associées à la maladie chronique, par exemple l'alcool, la cigarette, le fast-food ou le manque d'activité physique », précise la PDG adjointe du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Denise Fortin.

Pour voir le graphique sur les habitudes de vie sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Conditions de vie

Les conditions de vie dans l'est de Montréal seraient aussi responsables en partie de ces différences marquées. Le difficile accès à des installations sportives et à des aliments frais de même que la vétusté des logements sont notamment montrés du doigt pour expliquer les problèmes de santé.

La pollution a aussi des effets négatifs, comme l'explique le coordonnateur territorial en santé publique pour le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Adam Mongodin : « Il y a eu une étude sur la qualité de l'air dans l'est, et ce ne sont pas les raffineries qui apportaient le plus de problèmes, mais plutôt le fait d'être proche de voies routières à haut débit (l'autoroute 40 et la 25) qui traversent de bord en bord. Et aussi, la proximité de terrains infestés par l'herbe à poux » dans les zones industrielles abandonnées.

Solutions

Les représentants du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal ont donc convié différents intervenants du milieu à réfléchir aux solutions pour améliorer la qualité de vie du secteur. Une première rencontre a eu lieu la semaine dernière.

Différents axes d'intervention pourraient être priorisés, comme l'aménagement des rues, des parcs, l'accès aux transports en commun, etc. Le milieu scolaire pourrait aussi être appelé à jouer un rôle dans la prévention auprès des écoliers.

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