Un cordon ombilical pour sauver Mai Duong

Le reportage de Normand Grondin

En dépit du vaste appel lancé au public, Mai Duong n'a pas trouvé de donneur compatible de cellules souches. Mais la mère de 34 ans a néanmoins de quoi garder espoir, puisque la greffe de cellules de sang de cordon ombilical compatible pourrait la sauver.

Atteinte de leucémie, la Montréalaise Mai Duong, qui a lancé un appel au donneur compatible de cellules souches en juillet dernier, a fait le point sur son état de santé mardi en matinée.

« Un bon cordon »

« Il y a une maman quelque part dans le monde qui a accouché de son bébé et qui a donné un second souffle à une autre maman, a-t-elle déclaré les joues ruisselantes de larmes. Je tiens vraiment à la remercier. »

Mme Duong a donné sa conférence de presse accompagnée de ses médecins de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Dr Lambert Busque, et la Dre Sandra Cohen, hématologues ainsi que d'un porte-parole d'Héma-Québec, Laurent Paul Ménard.

Mme Duong sera hospitalisée d'ici une semaine afin d'être préparée à cette opération qui constitue, en quelque sorte, son ultime espoir. « Nous sommes extrêmement chanceux d'avoir cette option, a fait valoir Mai Duong. C'est un bon cordon. » Le sang du cordon ombilical qui a été trouvé pour elle servira de source de cellules souches.

La jeune mère a précisé qu'elle allait bien et que son état de santé était stable.

Un espoir pour d'autres personnes

Mai Duong a salué le fait que le public et les journalistes avaient fait preuve d'un soutien extraordinaire à la campagne destinée à la sauver. Ladite campagne, d'ailleurs, n'a pas permis à Mai Duong de trouver un donneur de moelle osseuse, mais elle a permis de trouver trois donneurs pour d'autres personnes d'origine vietnamienne qui nécessitent une greffe. « Ça veut dire qu'il y a trois Vietnamiens qui sont potentiellement sauvés grâce à la campagne », a expliqué Mai Duong. 

« Le mouvement ne s'arrête pas ici, il faut continuer à sensibiliser les gens, les 18-35 ans de continuer à donner. Et le sang de cordon pour les mamans qui peuvent et qui veulent aussi donner le cordon ombilical. C'est important, sinon ça s'en va dans la poubelle de toute façon. » — Mai Duong, au sujet de la poursuite de la campagne « Save Mai Duong »

L'équipe de médecins qui entoure Mai Duong a refusé de préciser d'où provenait le cordon ombilical compatible, se contentant de dire « que ça vient de l'extérieur ».

« Étant donné l'urgence de la situation, on a décidé de procéder avec la greffe de sang de cordon au lieu d'attendre de trouver un donneur qui serait compatible.  » — Dre Sandra Cohen, hématologue greffeur

Le gros avantage de la greffe du sang de cordon réside dans le fait qu'on fait face à un système immunitaire qui est immature. Donc ça permet une greffe d'un donneur incompatible, a expliqué en substance la Dre Sandra Cohen, hématologue greffeur. Mais, le gros problème avec ce type de greffe est la quantité « définie et finie » de cellules qu'on obtient, « puisqu'on ne peut pas retourner au bébé pour demander plus de cellules ». Fait très encourageant, le cordon trouvé pour Mai Duong contient suffisamment de cellules pour la patiente.

Une campagne qui a fait le tour de la planète

La mère de 34 ans a sensibilisé la population au manque de donneurs d'origine asiatique en lançant en juillet dernier la campagne « Save Mai Duong ».

Les médecins lui ont donné deux mois pour trouver un donneur. Les inscriptions au registre des donneurs de cellules souches ont, depuis, bondi à Héma-Québec. « La démarche pour trouver un donneur a fait le tour de la planète, a rappelé le Dr Lambert Busque. Ça a quand même fait réaliser à plusieurs personnes que beaucoup de patients n'ont pas de greffe de cellules souches, faute de donneurs compatibles. »

« Il y a la situation de notre Mai, qu'on a tous adoptée, mais il y a aussi d'autres Mai, partout dans le monde, et de tous groupes ethniques, je pense que c'est un point important à retenir. » — Le Dr Lambert Busque, hématologue

Comme l'a expliqué le Dr Busque, les combinaisons sont plus similaires dans un même groupe ethnique. « Comme s'il s'agissait d'une famille élargie », a-t-il précisé. 

Comment s'inscrire?

Au Québec, les personnes âgées de 18 à 35 ans (et jusqu'à 50 ans dans le cas de Mai Duong), en bonne santé, peuvent consulter le site d'Héma-Québec pour obtenir toutes les informations sur la façon de s'inscrire au registre des donneurs de cellules souches.

Ailleurs au Canada, consultez le site de la Société canadienne du sang.

Où chercher un donneur de cellules souches?

47 000 inscriptions au registre québécois, dont :

- 85 % Caucasiens;
- 15 % autres, dont moins de 0,5 % d'origine asiatique;

341 000 inscriptions ailleurs au Canada, dont :

- 71 % Caucasiens;
- 26 % autres, dont 1 % originaire de l'Asie du Sud-Est;
- 3 % origine inconnue.

À l'échelle mondiale, environ 23 millions de donneurs sont inscrits dans des registres de donneurs de cellules souches.

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