Retraites : vandalisme à l'hôtel de ville de Montréal

Les explications de François Cormier

Des manifestants ont perturbé une séance du conseil de ville à Montréal lundi soir pour exprimer leur colère contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. La manifestation a mal tourné. 

Un conseil municipal devait s'y dérouler vers 19 h, avant que les manifestants ne pénètrent dans la salle, inondant les lieux de feuilles de papier sur lesquelles étaient imprimés des extraits de conventions collectives.

Des élus affirment avoir été malmenés et intimidés lors de cette intrusion. Le conseiller Marc-André Gadoury de Projet Montréal a notamment dit avoir reçu un coup d'un manifestant dans la salle du conseil. 

Le maire Denis Coderre a affirmé que des manifestants ont lancé « des verres » sur les conseillers. Il les accuse également d'avoir cassé des vitres et d'avoir tenté d'entrer de force dans son bureau.

Policiers en retard?

Les élus Elsie Lefevbre, Frantz Benjamin et Guillaume Lavoie reprochent pour leur part aux policiers d'être arrivés bien après que les manifestants ont eu fini de lancer des conventions collectives partout dans l'hôtel de ville.

Anie Samson, vice-présidente du comité exécutif, affirme avoir demandé au chef police, Marc Parent, des explications sur l'intervention tardive de ses services.

C'est finalement peu avant 19 h 30 que les policiers du SPVM sont intervenus. Les manifestants ont quitté les lieux dans le calme.

M. Coderre affirme qu'il ne cédera pas « au chantage ou à l'intimidation ». Le maire soutient que les gestes qui ont été posés seront punis. « Ce n'est pas une grange, c'est la démocratie », a-t-il soutenu en parlant de la salle du conseil.

« Ils ne se sont pas aidés ce soir. On demande aux chefs syndicaux de contrôler leur monde. Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est inacceptable » — Le maire de Montréal, Denis Coderre

Le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, a déploré l'événement dont s'est par ailleurs dissociée la Coalition syndicale pour la libre négociation. Son porte-parole Marc Ranger a d'ailleurs lancé un appel au calme mardi matin. La Fédération des policiers et policières a aussi condamné les gestes des manifestants par voie de communiqué. 

Le chef de l'opposition officielle Richard Bergeron a soutenu pour sa part que « les limites [avaient] été dépassées ». S'adressant aux manifestants, il a ajouté : « vous ne vous aidez pas ».

« Détruire ou saccager un bien public, je ne suis pas certaine que c'est la meilleure option », a confié pour sa part Elsie Lefebvre de Coalition Montréal.

La manifestation avait commencé devant l'hôtel de ville un peu plus tôt dans la journée.

Des employés de la Ville de Montréal ont manifesté devant l'hôtel de ville avant de pénétrer dans le bâtiment. Des employés de la Ville de Montréal ont manifesté devant l'hôtel de ville avant de pénétrer dans le bâtiment.  Photo :  Benoit Chapdelaine