Chutes à la résidence Cooke : le syndicat se dissocie de la solution proposée par le CIUSS

residence-cooke-dehors La résidence Cooke à Trois-Rivières a fait l'objet de critique pour son manque de surveillance des bénéficiaires  Photo :  ICI Radio-Canada/Marie-Claude Julien

Le comité responsable de trouver des solutions concrètes assurant une meilleure surveillance des bénéficiaires du Centre d'hébergement Cooke, à Trois-Rivières, a déposé son premier rapport vendredi dernier.

Ce rapport repose principalement sur un réaménagement des horaires, sans toutefois ajouter de personnel, une situation que dénonce le syndicat des préposés aux bénéficiaires.

« C'est bien beau parler de réorganisation du travail, mais il y a une vérité que l'employeur évite : moins il y a de personnel, moins il y a de services » — Rosaire Hamelin, président du Syndicat québécois des employées et employés de service du CSSS de Trois-Rivières

La résidence a fait l'objet de critiques à la suite de la diffusion, en juillet, d'une vidéo qui montrait des bénéficiaires en détresse, étendus au sol, sans assistance. Le ministère de la Santé du Québec avait commandé une enquête et l'établissement s'était penché sur les façons d'améliorer la situation. 

« Il faut cesser de jouer à l'autruche et se mettre la tête dans le sable. Les personnes préposées aux bénéficiaires sont débordées et ce n'est pas en déplaçant leur heure de lunch ou l'heure du début de leur quart de travail qu'on va s'assurer d'un meilleur service. Ça fait trop longtemps qu'on tente d'en faire plus avec moins. Il serait temps d'en faire plus, avec plus », affirme Rosaire Hamelin, président du Syndicat québécois des employées et employés de service du CSSS de Trois-Rivières.

Le CIUSS défend sa solution

Le directeur adjoint au programme de soutien à l'autonomie de la personne âgée - hébergement au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSS MCQ), Sébastien Rouleau, défend le rapport final du comité imposé d'urgence en juillet dernier par le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Selon lui, les nouveaux horaires permettent d'avoir davantage de personnel présent entre 16h et 20h, ce que le ministre avait demandé.

Sébastien  Rouleau explique que le nouvel horaire de travail, qui sera effectif le 13 mars prochain, répond aux besoins, mais il se dit ouvert à ajouter du personnel si nécessaire.

« Il fallait partir de quelque chose présentement. Le comité en place a travaillé d'une façon sérieuse avec une belle collaboration des gens autour de la table nous permettant de penser qu'on a une base, que c'est intéressant, que ça peut être viable. Une fois l'évaluation complétée on n'est pas à dire qu'on a là une finalité comme projet. Il demeure toujours une possibilité d'ajouter du personnel », affirme le directeur.

Un rapport qui pourrait avoir des échos ailleurs au Québec
Les deux parties s'entendent pour dire que ce réaménagement d'horaire est sous la loupe de plusieurs autres établissements, tant en Mauricie qu'ailleurs au Québec et qu'il pourrait servir de modèle.

Le syndicat dénonce une autre situation problématique

Par ailleurs, le syndicat s'inquiète d'un manque de surveillance grave dans le secteur des îlots prothétiques, soit deux endroits où les portes d'une unité barrent automatiquement pour empêcher les résidents de quitter sans permission.

À compter de 20 h 30, le syndicat affirme que les préposés aux bénéficiaires ne sont plus présents en permanence dans ces départements et qu'ils doivent fréquemment annuler leur rondes de surveillance prévues aux 15 minutes pour gérer des urgences dans les autres départements.

Sébastien Rouleau, du CIUSS MCQ, nuance en expliquant que d'autres moyens permettent de surveiller à distance les résidents de ces secteurs mais le syndicat n'est pas convaincu que ces moyens sont suffisants. « Le détecteur de mouvement est brisé depuis deux ans, malgré nos nombreuses réclamations verbales », explique Luc Charpentier, conseiller syndical SQEES-FTQ.

Une information qu'ignorait Sébastien Rouleau au moment de l'entrevue, mais qu'il a réfutée après vérifications : « Tous les systèmes de caméras et de détection sont fonctionnels, et ce, dans toutes les unités », confirme-t-il par courriel.

NDLR: Le CIUSSS a contacté Radio-Canada à nouveau en fin de journée, le 3 mars, pour préciser qu'une deuxième vérification avait effectivement permis de trouver un bris dans un détecteur de mouvement. Les gestionnaires auraient été mis au courant de ce bris le jour de nos questions à ce sujet. La direction a assuré que le problème serait réglé rapidement. Vérification faite : le CIUSSS confirme que le bris a été réparé.

D'après les informations de Marie-Claude Julien

Mauricie en direct Afficher le fil complet