L'expérience de l'usine Port-Alfred

Le reportage de Pierre Marceau

Dans quelques semaines, l'usine Belgo de Shawinigan fermera ses portes, entraînant du même coup la perte de plus de 550 emplois. Il y a quatre ans, l'usine Port-Alfred d'Abitibi-Consolidated dans le secteur La Baie, à Saguenay, connaissait le même sort.

Il y a quatre ans, l'usine de l'arrondissement La Baie, à Saguenay, connaissait le même sort que celui qui attend l'usine Belgo prochainement.

Au plus fort de la production, l'usine Port-Alfred employait plus de 1000 travailleurs. Au moment de la fermeture, l'usine comptait 640 employés.

Jean Tremblay, un ancien travailleur de l'usine de La Baie, explique qu'il a trouvé un nouvel emploi, dont le salaire n'a toutefois rien de comparable avec celui que lui versait Abitibi-Consolidated. « Mon niveau de vie a baissé de 30 % à 40 % », dit-il.

À Port-Alfred, les ministres ont aussi promis une aide financière importante pour aider les travailleurs.

De l'avis de Robert Hémond, l'ancien président du syndicat des travailleurs de l'usine Port-Alfred, les promesses n'étaient que de la poudre aux yeux. « Les sommes d'argent qui étaient destinées aux travailleurs, je me suis rendu compte que j'aurais travaillé chez Wal-Mart et j'aurais eu la même aide », déplore-t-il.

Repartir à zéro

Des 640 personnes qui travaillaient à l'usine Port-Alfred au moment de la fermeture, 26 ont trouvé un nouveau travail chez Abitibi-Consolidated, 230 ont pris leur retraite, 334 se sont trouvé un autre travail et une cinquantaine de personnes vivent maintenant de l'aide sociale.

Selon le maire de Saguenay, Jean Tremblay, la région a réussi, en partie, à se relever de cette fermeture. « Ça s'améliore. On a plusieurs éléments qui nous disent que ça va mieux que ce que l'on avait prévu. »

Pour Robert Hémond, la situation aurait été encore meilleure si plus de travailleurs avaient eu droit à leur retraite. « On ne peut pas faire autrement qu'être amer. On parle de gens qui ont oeuvré dans l'usine entre 20 et 35 ans », plaide-t-il.

Quand l'usine Belgo fermera ses portes, les règles entourant les prestations de retraite pourraient faire l'objet d'une contestation, comme ce fut le cas à La Baie. « On est encore en litige à ce sujet et je pense que les gens de Belgo peuvent s'attendre à avoir le même traitement que les travailleurs de l'usine Port-Alfred », estime Robert Hémond.