En quête d'actions concrètes pour réduire la violence contre les femmes autochtones

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, lors de la deuxième table ronde nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées  Photo :  ICI Radio-Canada.ca

Des élus fédéraux et provinciaux, des représentants autochtones, ainsi que des proches de femmes disparues sont rassemblés à Winnipeg pour décider des actions concrètes qui seront mises en oeuvres pour réduire la violence envers les femmes autochtones.

La deuxième table ronde nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a pour but de permettre aux leaders rassemblés de discuter des détails de la future commission d'enquête nationale ainsi que des actions que les gouvernements peuvent entreprendre dès maintenant pour s'attaquer aux sources du problème.

« Nous ne voulons pas attendre la tenue d'une enquête nationale, nous voulons agir immédiatement, dit le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger. Nous voulons mettre en oeuvre des solutions pratiques pour améliorer la sécurité dans nos communautés, ainsi que démontrer un plus grand respect et mieux protéger les femmes autochtones. »

« Il ne s'agit pas d'une histoire au sujet de femmes et de filles autochtones. C'est une histoire au sujet de la façon dont nous nous traitons entre Canadiens. » — Greg Selinger, premier ministre du Manitoba

La table ronde nationale comporte trois volets : des rencontres à huis clos pour les familles des victimes, des rencontres entre ministres et l'élaboration d'un plan national qui sera dévoilé vendredi.

Femmes autochtones disparues ou assassinées, notre dossier

« Nous voulons que les gouvernements fédéral et provinciaux arrivent demain avec un plan d'action et les budgets pour assurer sa mise en oeuvre », dit la présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Dawn Lavell-Harvard.

Mme Lavell-Harvard voudrait notamment voir des améliorations au sein des services correctionnels, policiers et des services d'aide à l'enfance. « Dans le passé, ces structures ont joué un rôle essentiel dans la mise en danger de nos femmes. Nous voulons voir comment ils s'engageront à améliorer la sécurité de nos femmes à l'avenir. »

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, dit qu'il faut investir dans les solutions, parce que les coûts associés au maintien du statu quo sont immenses.

« Si rien ne change, c'est une ponction dans le système de justice, le système de santé, le système social. On parle ici d'un investissement, et le rendement de cet investissement sera grand. » — Perry Bellegarde, chef national de l'Assemblée des Premières Nations

Un fléau qui perdure

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) estime qu'au moins 1224 femmes autochtones ont été assassinées ou sont disparues entre 1980 et 2015. Bien qu'il n'y a que 4,3 % de femmes issues des Premières Nations dans la population canadienne, elles représentent 16 % des homicides féminins et 11,3 % des femmes disparues.

Dans la capitale manitobaine, les femmes autochtones sont encore surreprésentées parmi les victimes d'homicide : trois des cinq victimes de meurtre depuis le début de l'année sont des femmes autochtones.

« Ce que nous avons vécu au cours des deux derniers mois est un rappel brutal de ce qui se passe partout au pays et de pourquoi la tenue d'une deuxième table ronde est si importante, dit la conseillère spéciale sur les questions des femmes autochtones pour le Manitoba, Nahanni Fontaine. Il est important qu'on se rassemble et qu'on regarde ensemble ce qu'on doit faire immédiatement. »

Nahanni Fontaine croit que la mentalité des Canadiens a changé depuis l'élection du gouvernement de Justin Trudeau et est sûre que les leaders rassemblés trouveront des solutions.

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