Pas besoin de permis pour élever des chiens au Manitoba

Un chiot dans un élevage de chiens du Manitoba (archives)

Les établissements d'élevage de chiens et les chenils au Manitoba peuvent mener leurs activités sans avoir besoin d'un permis provincial, a appris Radio-Canada. Le gouvernement provincial a suspendu les exigences il y a environ un an, en raison de problèmes avec les inspections.

Kate et Bryce McDonald, qui habitent la municipalité rurale de St. Clements, s'inquiétaient des activités d'élevage d'un de leurs voisins.

Tout d'abord ennuyés par les jappements incessants, ils ont ensuite appris qu'une quarantaine de chiens adultes se trouvaient dans le lieu d'élevage et ont observé l'éleveur placer des annonces en ligne pour vendre des chiots, presque exclusivement de races croisées.

Le voisin des McDonald a publié 40 annonces classées dans la dernière année seulement, toujours pour des transactions en argent comptant.

Le couple s'est demandé comment il pouvait faire affaires, alors que la Loi sur le soin des animaux exige un permis. Radio-Canada s'est tourné vers le bureau du vétérinaire en chef de la province et il s'avère que cet éleveur n'en a pas besoin, car l'exigence a été suspendue.

Des inspections qui ne sont pas conformes aux normes et un manque de ressources

Le vétérinaire en chef du Manitoba, le Dr Wayne Lees, explique que la loi a été modifiée il y a quelques années pour établir un registre public des éleveurs autorisés. Son bureau sous-traitait les inspections et a découvert que certains inspecteurs appliquaient des normes très peu élevées.

« Au lieu de donner un faux sentiment de sécurité, nous avons décidé de refaire nos programmes et avons donc temporairement suspendu notre exigence de permis pour les chenils et lieux d'élevage », a soutenu le Dr Lees.

En outre, son bureau est trop occupé par les cas de négligence et de sévices, pour s'occuper de la délivrance des permis. « Le nombre de mesures pour faire appliquer la loi et la complexité de ces mesures augmentent, alors notre attention s'est portée là-dessus depuis un bout de temps », a-t-il déclaré.

Le vétérinaire en chef a assuré que la suspension des exigences était temporaire. Il conseille à ceux qui se cherchent un chien de se tourner vers les refuges et les chenils membres du Club canin canadien.

Les acheteurs dirigés vers les refuges et l'adoption

Un porte-parole de l'association de défense des animaux Humane Society, Bill MacDonald, abonde et estime qu'avec des ressources limitées, il est sensé de mettre l'argent dans l'application de la loi et des règlements. M. MacDonald invite aussi les acheteurs à se tourner vers l'adoption.

D'un autre côté, Carla Martinelli-Irvine, du refuge pour animaux Winnipeg Pet Rescue, croit que la province fait fausse route, car la délivrance de permis permet d'engranger des revenus pour l'inspection.

L'éleveur qui opère près des McDonald soutient que son élevage a été inspecté et a satisfait aux normes. Le bureau du vétérinaire en chef n'a pas voulu livrer de détails sur son dossier, pour des raisons de confidentialité.

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