Autochtones : hier, aujourd’hui, demain

La jeunesse autochtone vantée comme bassin de travailleurs au Manitoba

Robert Falcon Ouellette, directeur des programmes autochtones à l'Université du Manitoba, accorde une entrevue à la caméra de Radio-Canada, en janvier 2013. Selon Robert Falcon Ouellette, la forte croissance démographique des communautés autochtones et le potentiel de travailleurs qu'elle apporte ressemblent au baby-boom d'après-guerre.

Un financier et un jeune professeur autochtones invitent le gouvernement à concentrer ses énergies pour trouver des travailleurs parmi la jeunesse des Premières Nations, comme cela a été fait pour les baby-boomers.

Ils utilisent ce parallèle parce que les collectivités autochtones connaissent la plus forte croissance démographique au Canada, selon les chiffres de Statistique Canada.

« Si vous ne contrôlez pas les cordons de la bourse, vous ne contrôlez pas votre propre destinée », lance le planificateur financier Andrew Clarke.

Valise à la main, il tente de convaincre le plus grand nombre possible de personnes parmi les siens d'exercer une emprise sur leur situation par la voie de l'économie. « Nous avons tant à offrir », dit-il.

Le planificateur financier et conseiller en assurance Andrew Clarke accorde une entrevue à la caméra de Radio-Canada, en janvier 2013, au Manitoba. L'amélioration des conditions de vie des Autochtones passe par le contrôle de leurs économies, croit le planificateur financier Andrew Clarke.

Il sent qu'avec le mouvement populaire Idle No More, qui réclame depuis des mois le respect des traités, mais aussi l'amélioration des conditions de vie des Premières Nations, de plus en plus de jeunes veulent se prendre en main.

« Nous voulons dire "Hé, le Canada! Nous voulons participer pleinement" », explique M. Clarke.

La grande proportion de jeunes gens dans les communautés autochtones doit servir de bassin où puiser de la main-d'oeuvre, estime le directeur des programmes autochtones à l'Université du Manitoba, Robert-Falcon Ouellette.

« Cette population, c'est comme la population non autochtone d'il y a 50 ans avec les baby-boomers. Il y aura une explosion, mais le problème avec la population, c'est qu'elle est extrêmement pauvre encore », explique le professeur.

Les jeunes Autochtones veulent d'ailleurs sortir de cette pauvreté en améliorant leurs conditions de vie, comme ils l'ont réclamé durant les derniers mois par la voix du mouvement Idle No More. Un jeune Autochtone de Winnipeg, Michael Champagne, croit que le mouvement leur donnera les outils qu'ils n'ont jamais eus.

Le gouvernement canadien estime que de 2001 à 2026, 600 000 jeunes Autochtones auront atteint l'âge d'entrer sur le marché du travail.

Toutefois, en 2006, seulement 68 % des Autochtones âgés de 25 à 34 ans avaient un diplôme d'études secondaires, alors que 90 % des non-Autochtones du même âge avaient atteint ce niveau de scolarité.

D'après un reportage de Claudine Richard

Manitoba en direct Afficher le fil complet

    Facebook