Le rédacteur en chef du journal de Morris refuse une rencontre au sujet de propos racistes

Le professeur de l'Université du Manitoba Niigaan Sinclair Le professeur de l'Université du Manitoba Niigaan Sinclair tente de rencontrer, mardi, le rédacteur en chef du Morris Mirror.  Photo :  Bouchra Ouatik/Radio-Canada

Un professeur de l'Université du Manitoba qui souhaitait rencontrer Reed Turcotte, après les propos qu'il a tenus sur les Autochtones dans un éditorial, a buté contre des portes closes, mardi.

Niigaan Sinclair, un professeur du Département d'études amérindiennes, a fait le voyage de Winnipeg à Morris dans l'espoir d'obtenir une discussion en face à face sur les relations autochtones avec le rédacteur en chef du Morris Mirror, Reed Turcotte.

La semaine dernière, ce dernier a publié un éditorial, dans lequel il qualifiait notamment certains Autochtones de paresseux, corrompus et de terroristes, ce qui a soulevé un tollé.

M. Turcotte y critiquait également le mouvement Idle No More, écrivant que les demandes des Autochtones étaient irréalistes. « Dans certains cas, les Autochtones agissent comme des terroristes dans leur propre pays. Les Indiens/Autochtones veulent tout, mais la corruption et la paresse empêchent certains d'entre eux de travailler pour cela », pouvait-on lire.

En raison de l'affluence de réactions, dont celle du maire de la ville, Gavin van der Linde, le journal a publié une édition spéciale dans laquelle le rédacteur en chef s'est excusé de son insensibilité envers les questions autochtones.

Celui-ci a également publié les lettres de lecteurs soutenant son opinion.

Niigaan Sinclair a envoyé un courriel à M. Turcotte dans lequel il sollicite une rencontre et offre d'apporter le café. « Nous pourrions discuter des questions entourant les Autochtones et le mouvement Idle No More, ainsi que de respect et de coopération », proposait-il dans son message électronique.

Selon le professeur, Turcotte lui a répondu qu'il ne voulait pas parler jusqu'à ce que certaines des rhétoriques entourant les commentaires du Mirror ne cessent.

Insistant, M. Sinclair a tout de même parcouru 55 kilomètres pour le rencontrer. Lorsqu'il est arrivé à Morris, la porte du journal était fermée à clé et les lumières étaient éteintes. Il a patienté en vain plusieurs heures dans l'espoir que M. Turcotte arrive.

M. Sinclair a rappelé que les traités entre le Canada et les Premières Nations avaient été signés dans un esprit de respect et de collaboration, et a dit qu'il espérait apporter ce message à M. Turcotte.

À la place, il a laissé une lettre sur la porte du bureau en espérant qu'elle soit publiée dans une prochaine édition du journal.

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