Former les immigrants en comblant les besoins en éducatrices de garderie au Manitoba

Des étudiantes assistent à un cours de formation en éducation à la petite enfance, dans une salle de l'Acceuil francophone à Winnipeg, en janvier 2013. Des nouvelles arrivantes au Canada s'intègrent en prenant à part à une formation sur l'éducation à la petite enfance à Winnipeg.

L'Université de Saint-Boniface et l'Accueil francophone mènent ensemble un projet de formation pour à la fois aider les nouveaux arrivants à s'intégrer et aider à combler la pénurie de main-d'oeuvre dans les garderies francophones du Manitoba

Un cours universitaire sur la santé et la sécurité en garderie est offert gratuitement à une quinzaine d'immigrantes, dans une salle de l'Accueil, le samedi.

Les différences culturelles donnent lieu à plusieurs apprentissages qui pourraient passer pour des lieux communs au Canada, témoigne Thérèse Ndaya KaBénjélé, originaire du Congo et mère de cinq enfants.

« [J'ai déjà beaucoup appris] sur les allergies, oui, parce que dans mon pays, les allergies comme telles, il n'y en a pas beaucoup chez les enfants », a-t-elle relaté lundi.

Le professeur de ces nouvelles arrivantes affirme devoir changer de vieilles habitudes parfois, surtout lorsqu'il enseigne à des mères de grosses familles. « Maintenant, elles comprennent que je ne suis pas en train de leur dire qu'elles ont tout fait mal avec leurs enfants, mais qu'ici il y a des pratiques certainement différentes et des règles, des lois, à respecter », explique Gines Combiadakis.

Une autre élève, Dadia Ben Ali, travaillait déjà en éducation, mais sa formation n'a pas été reconnue au Manitoba. « J'enseignait les [aux] grands, les adolescents, mais pour les enfants, c'est autre chose. Surtout au niveau de l'hygiène et de la sécurité », dit-elle.

La formation a débuté en décembre et se terminera en mars. L'USB parle déjà d'un succès. « Il y a une liste d'attente. Alors ça nous dit que le programme pourrait être offert de nouveau parce qu'on a dû refuser des personnes », soutient le directeur de l'école technique et professionnelle de l'Université, Réjean Laroque.

Chaque année, dit-il, plusiseurs dizaines d'emplois sont offerts dans les garderies francophones.