Idle No More : plusieurs manifestations à Winnipeg

Une file de véhicules s'étire le long de la route menant au terminal de l'aéroport de Winnipeg le 21 décembre 2012, en raison d'un geste de perturbation mené par des membres du mouvement Idle No More. Une file de véhicules s'étire le long de la route menant au terminal de l'aéroport de Winnipeg vendredi matin, en raison d'un geste de perturbation mené par des membres du mouvement Idle No More.  Photo :  Angela Johnston

Les voyageurs qui se rendaient à l'aéroport international James Armstrong Richardson de Winnipeg vendredi matin ont dû s'armer de patience, car des chefs autochtones en ont perturbé l'accès pour attirer l'attention sur leur cause.

Dans le cadre du mouvement Idle No More, l'assemblée des chefs du nord du Manitoba (MKO), celle du sud (SCO) et les chefs de deux réserves dans la province avaient prévenu jeudi qu'ils lançaient un appel à la mobilisation, pour que 400 véhicules congestionnent l'accès au terminal.

Ce sont plutôt une quarantaine de voitures qui ont ralenti la circulation menant à l'aéroport vendredi matin.

Ils espèrent que la pression populaire convaincra le premier ministre du Canada Stephen Harper de les rencontrer.

Selon un porte-parole de MKO, le plan était de se faire remarquer par les voyageurs. « Il y a deux voies à cet endroit. Nous nous concentrerons en grande part sur la voie de droite », a expliqué Brennan Manoakeesick.

John Adams s'est rendu à l'aéroport ce matin plus tôt que nécessaire habituellement parce qu'il s'attendait à des retards après avoir entendu parler de cette manifestation jeudi dans les médias.

Il comprend pourquoi les Premières Nations tentent de porter leur inquiétude à la connaissance du public, mais il n'était pas content qu'ils décident de perturber la circulation vers l'aéroport.

M. Adams, ainsi que d'autres voyageurs à l'aéroport, affirment que manifester à cette période de l'année ne leur attirera pas la sympathie des gens.

« J'aurais préféré qu'ils optent pour d'autres méthodes, mais je suppose qu'ils pensent que la négociation n'a rien donné pour eux ces derniers mois et donc, qu'en mettant la pression, il en sortira peut-être quelque chose », ajoute M. Adams.

Une liste de revendications remise aux participants à une manifestation du mouvement Idle No More à l'aéroport international de Winnipeg, le 21 décembre 2012. Cette liste de revendications demande au premier ministre Stephen Harper d'établir une table de concertation entre son gouvernement et les Premières Nations.  Photo :  Angela Johnston

La manifestation a eu lieu de 9 h à 11 h. Selon M. Manoakeesick, les autorités aéroportuaires avaient été informées.

Journée de protestation vendredi

Par ailleurs, un rassemblement s'est tenu vers midi à La Fourche où des centaines de personnes se sont réunies.

Pendant une heure, les manifestants ont critiqué l'attitude du gouvernement fédéral envers le peuple autochtone avant de se diriger vers le palais législatif.

Le chanteur franco-manitobain, Daniel Roa, faisait partie des manifestants.

« A priori, c'est important pour les Canadiens et même les gens qui ne sont pas autochtones de voir que c'est une cause qui est importante à tous. Cela fait 150 ans au Canada que l'on a les mêmes problèmes et les mêmes abus », a-t-il déclaré.

« Les réserves dans le nord sont dans des conditions du Tiers-Monde. Il y a eu des changements au cours d'années et des gouvernements, mais finalement la situation reste pareille et il faut arrêter de croire que c'est leur problème et pas le nôtre », a-t-il ajouté.

Des manifestants exhibent divers messages lors d'un rassemblement devant le palais législatif du Manitoba, le 21 décembre 2012. À Winnipeg, ce message préparé par les manifestants dans le cadre du mouvement Idle No More dit 'Sécurité intérieure' au haut du panneau et 'En lutte au terrorisme depuis 1492' au bas.  Photo :  Cameron MacIntosh

Un de ses organisateurs, Michael Champagne, estime que l'événement sera un succès si le premier ministre accepte de rencontrer Theresa Spence, la chef de la réserve ontarienne d'Attawapiskat en grève de la faim.

Les manifestations à Winnipeg font partie d'une journée de protestation qui inclut un événement à Ottawa, ainsi que d'autres rassemblements au pays. Un petit rassemblement a eu lieu devant l'ambassade canadienne au Royaume-Uni et selon le site du mouvement Idle No More, des manifestations sont aussi prévues devant des consulats canadiens aux États-Unis.

Le mouvement Idle No More, ou « fin à l'immobilisme », dénonce l'absence de consultation dans les changements contenus dans la loi sur le budget, surtout ceux concernant la Loi sur les Indiens et la Loi sur la protection des eaux navigables.

Dans le premier cas, les changements modifient le mode de consultation des communautés lorsque des terres de réserves sont vendues ou louées. Dans le deuxième, la protection ne s'applique qu'à 97 lacs et 62 rivières, alors qu'il y en a des dizaines de milliers au pays. Les Autochtones considèrent qu'ils auraient dû être consultés sur ces lois qui touchent leurs territoires.