De la salmonelle dans les aliments pour animaux d'élevage

Aliments pour animaux d'élevage Les aliments pour animaux d'élevage peuvent être faits à partir d'ingrédients tels les céréales, les produits de mouture de graines oléagineuses et les produits de viande.

Les inspecteurs alimentaires canadiens détectent la présence de salmonelle dans 13 % des aliments pour animaux d'élevage, malgré une politique de tolérance zéro. Cette statistique pousse un expert en salubrité alimentaire à se demander si la contamination animale ne pourrait pas mener à un risque accru d'infection chez l'humain.

Afin de confirmer la prévalence de la bactérie, l'équipe d'enquête du réseau anglais de Radio-Canada a acheté 12 sacs d'aliments pour animaux auprès de détaillants de la région de Winnipeg et les a amenés pour analyse au professeur en microbiologie alimentaire et en salubrité des aliments à l'Université du Manitoba, Rick Holley.

Les résultats d'analyse de M. Holley ont montré que deux des 12 sacs, soit environ 16,6 %, contenaient de la salmonelle.

En moyenne, on recense quelque 6700 cas de salmonelloses au pays, chaque année, selon l'Agence de la santé publique du Canada. Ces cas mènent à environ 800 hospitalisations et trois à cinq morts annuellement.

Le professeur souligne que les animaux contaminés par la bactérie produisent du fumier contaminé, qui est à son tour répandu sur les champs agricoles comme fertilisant. Selon lui, la salmonelle présente dans les aliments pour animaux d'élevage est l'une des façons dont la viande, les fruits, les légumes et les noix que nous consommons deviennent contaminés.

Approche fondée sur le risque

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) est du même avis que M. Holley. Selon le vice-président des politiques et programmes de l'Agence, Paul Mayers, « réduire le potentiel de contamination à la salmonelle chez les animaux permet de réduire le potentiel de transmission de la bactérie par ces animaux, et de fait, dans leurs produits dérivés ».

Toutefois, M. Mayers fait savoir que l'ACIA prend une approche fondée sur le risque, lorsqu'elle détecte de la salmonelle. Les mesures correctives diffèrent selon que le risque est jugé élevé ou faible. En cas de risque élevé, l'Agence va jusqu'à exiger la destruction du produit ou son rappel obligatoire. Par contre, M. Mayers n'a pas précisé qu'elles étaient les mesures les moins sévères.

Selon un producteur du Manitoba, l'Agence ne s'intéresse qu'à six des 2500 souches de la bactérie et laisse les aliments être vendus sur le marché si elle ne détecte pas l'une de ces six souches.

Des fabricants peu inquiets

Quand CBC a joint les entreprises dont les sacs d'aliments ont été analysés, les responsables de ces entreprises lui ont répondu qu'ils étaient peu inquiets et qu'ils n'enlèveraient pas leurs produits des tablettes.

Une responsable de l'Association de nutrition animale du Canada (ANAC), qui représente l'industrie des fabricants d'aliments pour animaux, n'a pas voulu commenter directement les résultats du professeur Holley.

Melissa Dumont, directrice des services techniques, a toutefois déclaré que la salmonelle est « partout dans l'environnement, [...] qu'elle est vraiment difficile à maîtriser, alors il y a une possibilité d'en retrouver dans l'alimentation animale. »

Mme Dumont a ajouté ne pas être convaincue, sur la base de la preuve scientifique qu'elle connaît, de l'existence d'un lien évident entre la contamination animale et l'infection humaine