Estrie : des employés du système public se disent « surchargés »

Infirmière Infirmière  Photo :  Dana Neely | Getty Images

La Fédération interprofessionnelle de la santé dénonce la « mauvaise gestion » au sein du CSSS-IUGS.  Selon elle, cette situation a des impacts sur la qualité et la sécurité des soins aux patients.

La FIQ montre du doigt une mauvaise planification des embauches durant la période estivale, l'apparition des heures supplémentaires obligatoires et la substitution des titres d'emplois. 

« Ce ne sont là que quelques exemples des mauvaises décisions prises récemment par les gestionnaires. Les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes sont épuisées, pour ne pas dire exténuées, et rien n'est fait par la direction », indique la présidente du syndicat au CSSS-IUGS, Sophie Thériault.

Madame Thériault ajoute que les répercussions des compressions de 9,5 millions de dollars du gouvernement Couillard se font sentir. 

« Sur une unité de soins longue durée, on est deux infirmières de jour et de soir. On a 36 patients à notre charge, avec des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires. Quand on décide de ne pas remplacer une infirmière, une infirmière se retrouve avec 72 patients. C'est nous mettre à risque comme professionnel et mettre à risque la clientèle », ajoute-t-elle.

Le syndicat indique avoir fait part de ses préoccupations à la direction, mais aucune rencontre n'a eu lieu pour tenter de trouver des solutions.

Le Centre jeunesse sonne l'alarme

Les employés du Centre jeunesse de l'Estrie se disent aussi au bout du rouleau. Selon une vaste consultation menée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) auprès de 40 % du personnel concerné, près d'un employé sur 2 est en état de détresse sévère. 

Les compressions budgétaires, la fusion des établissements de santé et de services sociaux et l'augmentation des tâches administratives créeraient une surcharge de travail et un épuisement professionnel chez les employés.

Toujours selon cette consultation, seulement 6 % des intervenants et intervenantes de l'Estrie estiment être en mesure de répondre adéquatement et à temps aux besoins des enfants en difficulté et à leur famille.

« Présentement, on a un taux d'absentéisme d'environ 13 %. Des gens qui partent en maladie en grande partie en raison de la surcharge de travail. On a interpellé l'employeur. Il nous répond qu'il n'évalue pas la situation de la même façon que nous. Ce n'est pas à l'avantage de personne de savoir que ton personnel est épuisé et en maladie. Pour nous, la solution c'est de faire de la prévention, explique le vice-président du Syndicat du personnel du Centre jeunesse de l'Estrie, Christian Grenier.

Selon le syndicat, les tâches administratives ont également augmenté de près de 10 % en 6 ans.

Il demande donc au gouvernement de tenir des États généraux afin de revoir les façons de travailler des employés dans les Centres jeunesse.

Estrie en direct Afficher le fil complet