L'aide médicale à mourir maintenant offerte à la Maison Aube-Lumière de Sherbrooke

La Maison Aube-Lumière de Sherbrooke La Maison Aube-Lumière de Sherbrooke  Photo :  ICI Radio-Canada/Réjean Gagnon

C'est à compter de ce lundi que la maison de soins palliatifs Aube-Lumière de Sherbrooke donnera accès à l'aide médicale à mourir à ses résidents. Ce service sera offert à titre de mesure exceptionnelle et sera utilisé en dernier recours, seulement après avoir épuisé tous les autres moyens pour soulager les patients.

« On s'entend à avoir des demandes, mais on pense que les demandes admissibles seront exceptionnelles parce que nous sommes spécialisés dans le traitement de la douleur. C'est très, très rare que nos médecins ne parviennent pas à soulager la douleur. C'est dans ces cas-là qu'une personne est susceptible de faire une demande d'aide médicale à mourir. On s'attend à avoir une ou deux demandes par année. C'est une mesure exceptionnelle », rappelle la directrice générale de la Maison Aube-Lumière, Marie Bécotte.

Pour l'instant, les employés sont bien outillés pour répondre aux patients qui souhaitent avoir de l'information à ce sujet. Le personnel a d'ailleurs reçu une formation la semaine dernière. « Vendredi dernier, il y a eu la première formation clinique pour l'aide médicale à mourir, qui a été donnée par le Centre de formation continue de l'Université de Sherbrooke. Nous avions des membres de notre personnel qui étaient sur place. Il y aura une autre séance le 19 février », ajoute Mme Bécotte.

La formation et l'encadrement ne s'arrêteront pas là, toutefois. « On a prévu un accompagnement qui sera offert à toute personne ou bénévole qui en exprimera le besoin. Il y a aussi le groupe interdisciplinaire de soutien du CIUSSS qui est disponible pour nous accompagner dans ces situations. Nous sommes prêts et nous l'utiliserons quand le moment viendra. »

Des règles strictes

Advenant le cas qu'une personne fasse une demande d'aide médicale à mourir, tout un processus est mis en branle. « Tout professionnel a l'obligation de répondre à la demande et de donner l'information au patient. Il doit aussi voir si sa demande est admissible. Par la suite, nous avons un processus qui est très rigoureux. Il y a d'abord une première évaluation par un médecin qui doit s'assurer que la personne est lucide, qu'elle comprend bien ce qui lui arrive et qu'on lui a fourni toute l'information pour qu'elle puisse prendre une décision éclairée. En tout temps, la personne qui fait la demande doit être lucide du début à la fin du processus. Si elle ne l'est plus, le processus s'arrête. »

La directrice refuse de dire si des demandes d'aide médicale à mourir ont déjà été adressées aux membres du personnel. « C'est une question qui nous est posée régulièrement. À la Maison Aube-Lumière, nous respectons des règles très strictes en matière de confidentialité. On ne peut pas répondre à cette question-là. »

La décision d'offrir ce service avait donné lieu à de nombreuses discussions au sein du conseil d'administration de l'établissement.

Le taux d'occupation de la Maison Aube-Lumière est de 95 %.

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