Les ressources en santé mentale débordées à Granby

Le reportage de Mélissa François

Les ressources en santé mentale sont surchargées dans la MRC de la Haute-Yamaska. L'unité de psychiatrie de l'hôpital de Granby fonctionne bien au-delà de sa capacité depuis au moins un an et cela ne semble pas être sur le point de s'essouffler.

Un reportage de Mélissa François TwitterCourriel

Lundi, les 22 lits de l'unité étaient tous occupés. L'hôpital a ajouté six places, ce qui a fait grimper le taux d'occupation à 127 %. Des débordements de ce genre ne sont pas rares, selon Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et respiratoires de la Haute-Yamaska.

« On a un besoin criant en santé mentale au niveau de la Haute-Yamaska. Il faut que le ministère puisse aider et donner les sommes nécessaires pour avoir plus de lits », martèle-t-elle.

Les organismes communautaires ressentent également les contrecoups de ces débordements. Ils doivent souvent prendre le relais, dans les cas où les patients n'ont pas d'autres alternatives, et les cas deviennent de plus en plus lourds.

« Les gens doivent être libérés de l'hôpital. À ce moment, ils se retrouvent dans le milieu communautaire. Nous, au fil des années, on a vu une augmentation des cas en santé mentale. » — Steve Bouthillier, directeur de l'organisme Le Passant

Revoir la loi P-38

Une piste de solution pour assurer une meilleure prise en charge de ces patients serait de revoir la loi P-38.

Loi P-38 : Mesure exceptionnelle qui autorise un médecin à mettre une personne sous garde contre son gré, s'il est d'avis que son état mental présente un danger grave et immédiat (pour soi/autrui Loi P-38  Photo :  Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux

Mélanie Tremblay, de l'organisme OASIS santé mentale, estime qu'il est grand temps de tenir une concertation pour redéfinir la question de la dangerosité d'une personne.

« Il faut réunir tous les acteurs concernés, il faut se questionner à savoir si la définition de la dangerosité est actuellement assez claire, quels sont les recours possibles », soutient-elle.

Québec a confirmé que des travaux sont en cours pour revoir cette loi. La province souhaite uniformiser son application et des consultations sont prévues avec les ministères de la Justice et de la Sécurité publique pour mieux guider les orientations futures du ministère de la Santé. 

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