La cueillette de l'eau de Pâques : une tradition encore bien vivante à Saint-Venant-de-Paquette
Plus d'une centaine de personnes sont allées cueillir l'eau de Pâques, très tôt dimanche matin, à 4 h 30, à Saint-Venant de Paquette, près de Coaticook en Estrie. C'est une tradition vieille de 20 ans que celle d'aller puiser cette eau qui aurait des vertus particulières.
La journée commence par une marche aux flambeaux. Jeunes et moins jeunes viennent cueillir cette eau à contre-courant. Le rituel se déroule avant le lever du soleil, dans le ruisseau situé à environ 1 kilomètre de l'église du village. Ensuite, les fidèles retournent à l'église pour la vigile pascale commémorant la résurrection du Christ, qui se poursuivra jusqu'à l'aube dans une ambiance solennelle. Certains viennent de loin pour ce rendez-vous qu'ils disent incontournable.
Cette tradition ne date pas d'hier. « La tradition de la cueillette de l'eau de Pâques remonte à l'époque de la Nouvelle-France, au 18e siècle. Elle était déjà perçue comme une source de protection pour l'année à venir », explique David Bridge.
Cette coutume ne provient pas des écrits religieux, mais bien des fidèles eux-mêmes. « C'est une eau qui ne se corrompt pas. Donc, pour les gens, c'est comme une eau bénite, une eau qu'ils ont sacralisée. L'eau, on sait que c'est plein de vie, alors nous, les chrétiens, lorsque nous fêtons Pâques à travers l'eau, on voit le Dieu de la vie aussi », raconte le recteur de la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke, l'abbé Donald Thompson.