Explosion chez Neptune Technologies : un an plus tard

Neptune technologies : plusieurs manquements à la Loi sur l'environnement

Le reportage de Marie-Michelle Lauzon

Exclusif - Radio-Canada Estrie a appris que la compagnie Neptune Technologies a reçu deux avis de non-conformité du ministère de l'Environnement, de la Faune et des Parcs au cours de la dernière semaine pour deux manquements à la Loi sur la qualité de l'environnement.

La semaine dernière, une explosion à l'usine de Sherbrooke a fait trois morts et 18 blessés.

Selon l'information obtenue, la quantité d'acétone à l'intérieur de l'usine aurait été plus importante que ce qui était autorisé par le ministère.

En 2002, le ministère de l'Environement avait émis un certificat qui autorisait Neptune Technologies à conserver 33 000 litres d'acétone à l'extérieur de l'usine ainsi que 6000 litres d'acétone usée à l'intérieur.

Or, l'inspection effectuée après l'explosion et l'incendie du 8 novembre révèle que la quantité d'acétone était beaucoup plus importante qu'autorisée. Les intervenants d'Urgence Environnement ont évalué à 15 000 litres la quantité d'acétone brûlée dans l'incendie et ont trouvé d'autres réservoirs d'une capacité totale de 27 000 litres dans les décombres.

« Lors des derniers événements, il a été permis de constater par les intervenants d'Urgence Environnement que d'autres réservoirs étaient sur le site et qu'ils ne faisaient pas partie de l'autorisation de 2002 », a expliqué la directrice adjointe au ministère de l'Environnement à Sherbrooke, Lise Vaillancourt.

« Pour l'instant, comme les intervenants n'ont pas pu avoir accès au site, on ne connaît pas les quantités », précise Madame Vaillancourt. « Ce qu'on a constaté, c'est qu'il y avait des réservoirs qui n'étaient pas au C.A.. Des avis de non-conformité ont été acheminés à l'entreprise et actuellement, le ministère est à analyser les recours qui pourront être pris selon la Loi sur la qualité de l'environnement par rapport à ce manquement », a-t-elle ajouté.

L'avis de non-conformité du ministère de l'Environnement dont il est question dans ce texte ne fait pas état de la quantité d'acétone qui aurait été présente sur le site de l'usine Neptune Technologies et Bioressources Inc.

Autre manquement

De plus, Neptune Technologies n'avait pas l'autorisation du ministère pour procéder aux travaux d'agrandissement visant à doubler sa capacité de production. Le ministère et la direction de Neptune Technologies avaient eu une rencontre au début de 2012 à ce sujet, et des normes particulières devaient être respectées avant de commencer les travaux.

« On leur avait dit que l'agrandissement de l'usine et l'augmentation de production devaient être préalablement autorisés, ce qui n'a pas été fait. C'est aussi un avis de non-conformité qui leur a été acheminé. Le ministère évalue aussi les recours qui seront entrepris au niveau de la Loi », a indiqué Mme Vaillancourt.

Un porte-parole de Neptune Technologies a indiqué vendredi en fin de journée que l'entreprise n'a rien à se reprocher, et qu'elle laisserait la CSST faire son enquête pour déterminer la quantité d'acétone dans les réservoirs de l'usine.