Les élus appuient la relance de la mine d'amiante

Le compte rendu de Claude Fortin

La région se range derrière l'industrie de l'amiante. La Conférence régionale des élus (CRÉ) de l'Estrie se prononce en faveur de la relance de Mine Jeffrey à Asbestos.

Ils appuient l'exploitation de l'amiante chrysotile dans la région pour des raisons économiques, mais soutiennent aussi le gouvernement du Québec qui souligne que cette fibre peut être exportée et utilisée de façon sécuritaire dans des conditions contrôlées.

Les élus recommandent aux gouvernements fédéral et provincial de réaffirmer leur appui à l'industrie de l'amiante. Ils suggèrent de créer un fonds de recherche et de développement pour développer de nouveaux produits à base d'amiante et de nouveaux marchés. Ils exigent aussi une utilisation sécuritaire auprès des clients des producteurs.

Les experts consultés ont affirmé que :

  • le projet est rentable, selon la firme KPMG, appelée à se prononcer sur le bien-fondé économique de la relance;
  • l'exploitation de la mine est propre et ne porte aucun préjudice à l'environnement;
  • aucun cas d'amiantose chez les travailleurs n'a été signalé depuis 1975, année de l'application de nouvelles normes de salubrité. Les 19 cas répertoriés toucheraient des travailleurs qui ont été exposés aux fibres d'amiante avant 1975.

Rappelons que le gouvernement Charest exigeait de connaître l'opinion des élus de la région avant de décider s'il accordera ou non une garantie de prêt de 58 millions de dollars pour permettre la relance des activités de la mine.

Par cet avis, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, souhaitait recevoir une forme de légitimité de la part des élus de la région avant de rendre sa décision.

« Ce n'est pas une condition essentielle, mais c'est une condition souhaitable qu'il y ait un appui du milieu pour l'exploitation du chrysotile. Je trouve que c'est une consultation importante qui va venir peser dans la décision du gouvernement. » — Clément Gignac, ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation

Le ministre rappelle qu'aucune décision n'a encore été prise pour le moment et qu'il attend toujours des nouvelles des promoteurs.

« On veut avoir un montage financier solide, dit-il. Il manquait tout de même encore plusieurs millions de dollars. On a de nouveaux partenaires financiers et on voulait aussi avoir une décision de la CRÉ, parce que je trouvais qu'il y avait beaucoup d'impact au niveau environnemental, mais aussi au niveau de la sécurité des travailleurs. »

Rappelons que le projet de relance est évalué à 73 millions de dollars, L'exploitation de la mine, qui s'échelonnerait sur 25 ans, pourrait générer près de 500 emplois annuellement.

Opposition

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a présenté jeudi un projet de loi pour bannir l'exportation et l'exploitation de l'amiante au Québec, tandis que le Nouveau Parti démocratique a réclamé à Ottawa l'adoption d'une loi semblable.

Le député a fait cette annonce en compagnie de la délégation asiatique antiamiante de passage au Québec, qui soutient que l'amiante tue d'innocentes victimes et des travailleurs du monde entier.

Par ailleurs, le projet de loi d'Amir Khadir coïncide avec la publication de la revue The Lancet qui évoque « l'hypocrisie » du Canada.

Dans un article intitulé Le Canada accusé d'hypocrisie à cause de ses exportations d'amiante, la publication britannique souligne que le pays exporte le minerai dans des nations en développement, même s'il en retire les fibres de ses édifices et que son utilisation fait de façon générale l'objet d'une « interdiction de facto ».

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