Plus de pétrole qu'estimé dans le sous-sol du Bas-Saint-Laurent

Travailleurs spécialisés Deux travailleurs devant une installation de forage gazier.  Photo :  Todd Korol / Reuters

La compagnie Squatex affirme que ses concessions situées à Sainte-Jeanne-d'Arc, près de la rivière Mitis, contiennent plus de pétrole et de gaz que ce qui était estimé jusqu'à présent.

Un texte d'Ariane Perron-LangloisTwitterCourriel

Dans un communiqué publié mercredi, l'entreprise affirme que les estimations des volumes de ressources dans la structure Massé « ont été augmentées de façon très significative par rapport à l'estimation précédente avec l'ajout d'une très importante ressource de pétrole ».

La compagnie en vient à cette conclusion à la suite d'une réévaluation des ressources sur la partie est de la structure Massé réalisée par la firme Sproule. La structure Massé est située à environ 25 kilomètres au sud-est de Mont-Joli, dans le bassin appalachien du Québec.

« Les résultats du rapport de Sproule me laissent croire que Massé pourrait être une des plus importantes découvertes de réservoirs conventionnels de pétrole et de gaz au Québec faites à ce jour. » — Jean-Claude Caron, président et chef de la direction de Squatex

La compagnie Squatex précise qu'environ 52 millions de barils de pétrole se trouvent dans un secteur d'à peine 5,2 kilomètres carrés.

Rectificatif : une version précédente de ce texte laissait entendre que la structure Massé se trouvait près des villes de Saint-Léon-le-Grand et Sayabec. La compagnie Squatex précise que les hydrocarbures se trouvent plutôt dans les formations du même nom, qui sont situées dans la région de la Mitis.

Un premier puits exploratoire d'ici la fin 2017

L'entreprise fera appel à du financement sur les marchés boursiers au cours du mois de juin. Elle est à la recherche de 5 millions de dollars pour continuer son exploration.

Squatex souhaite mettre en place un premier puits exploratoire d'ici la fin 2017 et entrer en production d'ici deux ou trois ans. L'entreprise assure qu'elle n'entend pas avoir recours à la fracturation hydraulique, parce qu'elle croit pouvoir extraire les hydrocarbures en utilisant des méthodes d'extraction conventionnelles.

« La prochaine étape, c'est de lever des fonds », affirme le directeur du développement chez Squatex, Mario Lévesque. « Ensuite, on a une dizaine de forages stratigraphiques à faire justement pour faire des contours du bassin, un peu plus de recherche sismique pour prendre une image du sous-sol. [Cela] va nous apporter à faire des forages exploratoires pour éventuellement voir la viabilité pour s'en aller en production », ajoute M. Lévesque.

Le permis d'exploration de la structure Massé est détenu par Squatex à 70 % et par Petrolympic à 30 %.

Estimation et prudence

Selon le professeur d'économie spécialisé en énergie de l'Université Laval, Patrick Gonzalez, il faut demeurer tout de même prudent, car il s'agit ici d'une estimation.

« Il est très clair ici qu'on est dans une étape initiale de l'exploration et on n'est pas du tout rendu à l'avènement de la présence de pétrole qu'on peut récupérer. Et on n'a pas fait la démonstration qu'on peut le récupérer de manière économique pour éventuellement faire un profit dans l'opération », mentionne monsieur Gonzalez.

Le professeur croit toutefois que l'exploitation pétrolière de la structure Massé pourra un jour se faire et qu'il serait très présomptueux de sa part d'affirmer le contraire.

« Le monde a changé, il y a de nouvelles techniques plus sophistiquées qui abaissent les coûts et qui permettent d'aller chercher des ressources qu'on ne pouvait pas aller chercher auparavant. On sait qu'il y a des hydrocarbures dans la Vallée du Saint-Laurent et ces compagnies juniors y croient suffisamment pour mettre leurs sous en cause », conclut monsieur Gonzalez.