Écrasement d'avion aux Îles-de-la-Madeleine : Jean Lapierre parmi les 7 victimes

Le reportage de Normand Grondin

Sept personnes sont mortes dans l'accident d'avion survenu aux Îles-de-la-Madeleine mardi en fin de matinée. L'ex-ministre libéral et chroniqueur Jean Lapierre, ainsi que son épouse et des membres de sa famille, sont au nombre des victimes. Ils se rendaient sur l'archipel pour les funérailles de leur père.

Un texte de Jean-François DeschênesTwitterCourriel

Mardi après-midi, la Sûreté du Québec confirmait que sept personnes perdaient la vie dans l'accident d'avion survenu aux Îles-de-la-Madeleine en fin de matinée. L'écrasement a eu lieu dans un champ près du chemin Richard, à proximité de l'aéroport de Havre-aux-Maisons.

Les sept victimes

  • M. Jean Lapierre;
  • Mme Nicole Beaulieu, conjointe de M. Lapierre;
  • Mme Martine Lapierre, soeur de M. Lapierre;
  • M. Marc Lapierre, frère de M. Lapierre;
  • M. Louis Lapierre, frère de M. Lapierre;
  • M. Pascal Gosselin, membre de l'équipage;
  • M. Fabrice Labourel, membre de l'équipage.


Source : Bureau du coroner

Selon Transports Canada, l'appareil Mitsubishi Modele MU-2B-60, construit en 1982, a décollé de l'aéroport de Saint-Hubert mardi matin avant de s'écraser à quelques kilomètres de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

« Voici des images provenant des îles. » — 

La résidente des Îles-de-la-Madeleine, Diane Vigneau, a vu l'avion s'écraser devant sa maison. L'impact a été si violent qu'elle a immédiatement craint pour la vie des passagers.

« J'ai entendu le bruit d'un avion qui descendait bas, bas, bas. Je me suis dit en moi-même que l'avion arrive donc ben bas. [...] J'ai pleuré, je ne savais plus quoi faire. Je ne savais plus quoi faire. J'ai vu des gens courir. Mon but était d'appeler le 911. »

« Ça fait que je me suis levée et j'ai entendu le boum! J'ai vu l'avion qui s'écrasait là. » — Diane Vigneau témoin

Tous les services d'urgence ont été mobilisés. Selon un témoin, Jules Deslauriers, la route 199 aux Îles, près du site de l'écrasement, était presque entièrement paralysée.

Le Bureau de la sécurité des transports dépêché sur place

Une équipe d'enquêteurs se rendra sur le site de l'écrasement d'avion. Le Bureau de la sécurité des transports (BST) fera une collecte d'informations et évaluera l'événement. La spécialiste en relations avec les médias au BST, Julie Leroux, précise que l'enquête est déjà commencée. « On fait la cueillette de données en ce moment et on est à évaluer l'accident. Nous allons envoyer une équipe d'enquêteurs sur les lieux de l'accident demain matin(mercredi), parce que la météo ne nous permet pas de voyager ce soir. Sur les lieux de l'accident, les enquêteurs feront la collecte de données, ils feront des entrevues avec les témoins, ils vont examiner l'épave et prendre des photos. »

Du mauvais temps

Le jour de l'écrasement, le temps aux Îles était plutôt maussade. Une pluie froide s'abattait sur l'archipel balayé par de fortes bourrasques. Des vols ont été annulés à l'aéroport de l'archipel. Ils ont repris le soir.

Les forts vents aux Îles-de-la-Madeleine ont causé un accident de la route, selon une photo prise le 29 mars 2016 par une résidente de la région, Diane Hébert. Les forts vents aux Îles-de-la-Madeleine ont causé un accident de la route, selon une photo prise le 29 mars 2016 par une résidente de la région, Diane Hébert.  Photo :  Diane Hébert

Gilles Demers, contrôleur aérien à la retraite, affirme que l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine est reconnu pour les conditions de vents défavorables la majorité du temps. Par contre, les utilisateurs réguliers savent comment affronter ces vents. « Est-ce que c'était le cas avec cet équipage-là? Ça pourrait être un avion qui n'est pas de la région, alors ça, ça reste à vérifier l'expérience des pilotes avec cet aéroport-là. » Des questions que les enquêteurs devront se poser, pense-t-il.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, est surpris par l'ampleur du drame. « On sait que c'est un grave accident, plusieurs personnes étaient à bord [...] Les secouristes ont rapidement été appelés. » Il est d'avis que les conditions de vol « étaient exécrables ».

« On parle de forts vents, de pluie, de bruine, un plafond qui était très bas et qui diminuait de beaucoup la visibilité pour un pilote d'avion. Ce n'étaient pas des conditions favorables. » — Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
Photo de l'appareil, tirée d'un site spécialisé en aviation Photo de l'appareil, tirée d'un site spécialisé en aviation  Photo :  jetphotos.net
Le dernier incident impliquant un avion aux Îles-de-la-Madeleine sur lequel a enquêté le Bureau de la sécurité des transports du Canada remonte au 15 juin 1994 alors qu'un appareil de type Piper s'est immobilisé à 270 pieds au-delà de l'extrémité de la piste 34 et à 150 pieds du bord de l'eau. Lors de l'incident, les conditions météorologiques étaient à la limite de l'acceptable avec une visibilité réduite et un plafond mesuré à 300 pieds.