Hydrocarbures en Gaspésie et aux îles : vives critiques du Conseil régional de l'environnement

Station de pompage de pétrole à Gaspé Station de pompage de pétrole à Gaspé  Photo :  ICI Radio-Canada

Le Conseil régional de l'environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) estime que le développement de la filière des hydrocarbures se fait sans véritable connaissance de la région.

C'est l'une des principales thèses exposées dans le mémoire déposé par l'organisme dans le cadre des audiences de l'Évaluation environnementale stratégique (ÉES) du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles sur la filière des hydrocarbures.

Agent de communication et chargé de projet énergie au CRÉGÎM, Yanick Desbiens, déplore le fait que la Gaspésie n'ait pas fait l'objet d'une évaluation spécifique, comme ce fut le cas pour Anticosti.

Il rappelle que, contrairement à Anticosti qui est peu habitée, 80 000 habitants vivent dans la région où des industries basées sur l'exploitation des ressources, comme la pêche, le tourisme, la foresterie, risquent d'être touchées par les impacts d'une industrie pétrolière. « C'est quand même important de l'analyser, mais les impacts ici pourraient être énormes, autant au niveau social, qu'économique, qu'environnemental », fait valoir Yanick Desbiens.

Ce dernier croit que le processus de consultation a été effectué dans un contexte d'empressement plutôt incompréhensible à un moment où le tiers des études commandées par le gouvernement sur le sujet n'étaient pas encore rendues publiques.

L'environnementaliste juge qu'il est très risqué de mettre de l'argent public dans cette filière, voire même utopique de croire qu'elle pourrait être rentable.

Selon une étude, dit-il, une exploitation pétrolière au Québec ne pourrait être rentable que si le baril de pétrole se vend au-delà de 95,50 $.

L'étude souligne qu'il serait difficile d'envisager que le prix du baril de pétrole se maintiendra au-delà de ce prix sur une période de 50 à 75 ans dans un contexte de réduction des émissions mondiales des gaz à effet de serre. « On sait que présentement c'est en bas de 40 $, le cours du pétrole, ça monte, ça descend », relève M. Desbiens.

Le CRÉGÎM souhaite que le gouvernement tienne compte des arguments présentés dans son mémoire et publie un rapport objectif. Le rapport est attendu au printemps.

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