Québec refuse d'entendre les opposants au projet Chaleur Terminals

Les wagons citernes traverseraient plusieurs grandes villes du Québec. Les wagons citernes traverseraient plusieurs grandes villes du Québec.  Photo :  ICI Radio-Canada

Le gouvernement Couillard a rejeté mardi soir une requête de l'opposition officielle, qui demandait une commission parlementaire afin d'entendre les opposants au transport de pétrole par train du Québec vers Belledune au Nouveau-Brunswick.

Un texte de Sébastien DesrosiersTwitterCourriel

Une pétition lancée par le groupe rimouskois « NON à une marée noire dans le Saint-Laurent » a recueilli plus de 10 000 signatures jusqu'ici. Celle-ci visait particulièrement à dénoncer le projet du groupe Chaleur Terminals, qui veut transporter du pétrole de l'Alberta par rail jusqu'à Belledune, au Nouveau-Brunswick, pour le charger sur des pétroliers à destination de divers marchés outremer.

Jusqu'à 240 wagons de pétrole pourraient circuler quotidiennement à travers plusieurs municipalités du Québec, dont plusieurs au Bas-Saint-Laurent, notamment Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles, Rimouski et Amqui.

Le Parti québécois avait pressé le gouvernement Couillard d'entendre les signataires de la pétition plus tôt mardi. Québec a finalement refusé de le faire.

« Ils ont pris la peine de signer, ils l'ont fait par les réseaux sociaux, partout, ils ont invité les gens à signer. À quoi ça sert si on les écoute pas? », a dit le député de Rimouski, Harold Lebel.

Monsieur Lebel s'interroge sur l'entêtement du gouvernement. « Je ne demandais pas une commission de deux ou trois semaines. Je demandais peut-être un après-midi de travail avec les initiateurs de la pétition. Mais le gouvernement ne veut pas en parler, il ne veut pas entendre les gens. C'est très décevant », affirme-t-il.

Le gouvernement a de plus réitéré qu'il n'y aura pas d'évaluation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) à propos du projet Chaleur Terminals.

Port de Belledune Le port de Belledune, au Nouveau-Brunswick  Photo :  François Vigneault/Radio-Canada

« C'est totalement inacceptable »

L'organisme « Non à une Marée Noire » dénonce la décision du gouvernement Couillard de ne pas entendre en commission parlementaire les opposants au projet. « Le gouvernement a vraiment une incohérence sur le développement d'une politique énergétique », souligne le porte-parole, Martin Poirier.

« De voir le premier ministre tout d'un coup déchirer sa chemise pour Anticosti, [...] puis de voir qu'il n'y a pas de préoccupation ou de sensibilité à ce que 240 wagons par jour traversent le centre-ville de la plupart des grandes villes du Québec, c'est totalement inacceptable.  » — Martin Poirier, porte-parole, Non à une marée noire dans le Saint-Laurent

Inquiétudes en région

La mairesse de Sayabec dans la Matapédia déplore également l'attitude de Québec.

« Si on avait eu des audiences publiques, on aurait plus été en mesure de comprendre puis de prendre les bonnes décisions », soutient-elle. « On ne connait pas non plus l'état du chemin de fer pour accueillir tous ces wagons-là, nous on aimerait bien avoir un compte-rendu général de l'entretien du chemin de fer. Ils nous ont déjà dit qu'il était en bon état, mais ça on n'a pas de confirmation écrite là-dessus. »

Le projet de Chaleur Terminals avait reçu l'approbation environnementale du Nouveau-Brunswick en juillet 2014.