La mention bilingue n'est plus obligatoire dans les livres, VLB se réjouit

Le reportage d'Élise Thivierge

L'éditeur et écrivain de Trois-Pistoles Victor-Lévy Beaulieu (VLB) crie victoire. Une directive ministérielle mise en place par le gouvernement conservateur en avril dernier l'obligeait à formuler ses remerciements pour les subventions reçues du fédéral en français et en anglais dans ses ouvrages. Cette directive a été annulée, une décision qu'il attribue à l'arrivée d'un nouveau gouvernement.

Victor-Lévy Beaulieu a livré une bataille de 10 mois contre la directive de Patrimoine Canada. Il soutenait que le remerciement pouvait se faire seulement dans la langue dans laquelle le livre a été écrit.

Il a obtenu ce qu'il voulait : les éditeurs pourront maintenant reconnaître le soutien financier reçu du gouvernement fédéral en anglais et/ou en français.

« On vit au Québec et la langue c'est ce qui constitue notre identité. Tous les jours, c'est un combat parce qu'on est une minorité dans un monde anglo-saxon. » — Victor Lévy-Beaulieu, éditeur et écrivain

Victor-Lévy Beaulieu dénonce toutefois le manque de support des élus de la région, des éditeurs, des écrivains et des élus de la province, qui ne se sont pas joint à lui dans la bataille. Seul le député fédéral de Rimouski Neigette-Témiscouata-Les Basques, Guy Caron, a répondu à ses lettres.

Les deux hommes sont d'avis que le changement de gouvernement et la nouvelle ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, ont permis l'annulation de la directive.

« Elle a été sensible a nos revendications, puis elle a compris pourquoi, je pense, on tenait tant à ce que ça ne se fasse pas », explique Victor-Lévy Beaulieu.

« C'est la victoire du gros bon sens. » — Guy Caron, député fédéral, Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les-Basques

« C'est une direction qui a été mise en place par les conservateurs à l'époque, sans aucune justification, et les efforts de M. Beaulieu ainsi que de certaines autres maisons d'édition ont permis effectivement de renverser cette décision », se réjouit Guy Caron.

Résolu à ne pas répondre à cette directive, l'éditeur avait dû remercier temporairement deux employés le printemps dernier. Maintenant que la directive est annulée, ses employés devraient revenir au travail d'ici quelques semaines.

« Ça va nous permettre d'avoir des subventions qu'on pensait qu'on n'aurait plus, donc ça va aider au fonctionnement de la maison d'édition, précise-t-il. Aussi, ça va peut-être faire ouvrir les yeux aux éditeurs et écrivains qui ont failli à leur devoir de ne rien faire dans ce cas-là. »

Victor-Lévy Beaulieu souhaite maintenant convaincre le Parti libéral du Québec et l'opposition de faire de la langue française leur priorité.

D'après les informations d'Élise Thivierge