La peine imposée au maire de Baie-Trinité fait réagir

Le maire de Baie-Trinité demeure en poste

Les réactions sont nombreuses à la suite de la peine imposée au maire de Baie-Trinité, vendredi. Denis Lejeune a été condamné à deux ans de probation pour agression sexuelle, mais il pourra poursuivre son mandat s'il respecte certaines conditions.

Parmi les quelque 500 résidents de Baie-Trinité, plusieurs ne voient pas de problème à ce que leur maire reste en poste.

« Il a été jugé. C'est la Cour qui a décidé. C'est de même qu'on prend ça. » — Résident de Baie-Trinité 
« Il fait très bien la job. » — Résident de Baie-Trinité

À Baie-Comeau, la coordonnatrice du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Lumière Boréale, Guilaine Lévesque, n'est pas du même avis. Elle aurait préféré une peine plus sévère qui aurait pu rendre le maire inhabile à siéger. 

« C'est une personne qui est dans un poste connu et reconnu, [...] qui doit donner l'exemple. » — Guilaine Lévesque, coordonnatrice du CALACS Lumière Boréale de Baie-Comeau
Denis Lejeune doit réaliser 120 heures de travaux communautaires. Il est dans l'obligation de verser une somme de 4 000 $ au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels. Il sera inscrit au Registre national des délinquants sexuels pendant 20 ans. Denis Lejeune ne peut pas posséder des armes à feu pendant 10 ans. 

Guilaine Lévesque aurait aimé une peine semblable à ce que la Couronne demandait, soit neuf mois de prison.

« Ça va avoir un effet néfaste sur l'ensemble des victimes qui auraient peut-être voulu porter plainte pour du harcèlement sexuel, pour des attouchements. » — Guilaine Lévesque, coordonnatrice du CALACS Lumière Boréale de Baie-Comeau

Un malaise est aussi ressenti chez certains maires de la Manicouagan, en raison de la nature des accusations pour lesquelles Denis Lejeune a été condamné. Des élus affirment aussi que Baie-Trinité n'est plus représentée comme il se doit. Depuis son arrestation, en 2013, Denis Lejeune n'assiste plus aux séances de la MRC et de la Régie de gestion des matières résiduelles.

« La loi électorale considère que les comportements criminels ne sont pas nécessairement de nature à priver la population de ses représentants élus », explique Me Marc-André Lechasseur, avocat spécialisé en droit municipal, en entrevue avec l'animateur Alain Gravel.

L'avocat de Denis Lejeune a fait appel du verdict de culpabilité rendu en juillet.

D'après les informations de Marlène Joseph-Blais