L'acide utilisé pour nettoyer les forages exploratoires Haldimand no 4 inquiète Gaspé

Le reportage de Martin Toulgoat

La Ville de Gaspé s'inquiète des produits chimiques qui ont été injectés dans le puits Haldimand numéro 4, sans que Pétrolia n'ait eu besoin d'une autorisation du ministère de l'Environnement. La Ville en a fait part dans son mémoire déposé au comité de l'Évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures.

Un texte de Jean-François DeschênesTwitterCourriel

Le camion-citerne Le camion-citerne transporte  Photo :  Radio-Canada/Jean-François Deschênes

Gaspé dit être très préoccupé par les travaux de nettoyage qui ont eu lieu en novembre et décembre dernier. Dans les 70 000 litres de fluide utilisé, 15 % étaient composés d'acide chlorhydrique. Une quantité pouvant remplir deux citernes de 40 000 litres, illustre la Ville.

Réaction de Pétrolia

Haldimand no 4 Haldimand no 4  Photo :  ICI Radio-Canada/William Bastille-Denis

Le directeur de Petrolia a transmis une lettre au maire de Gaspé aujourd'hui et rappelle que l'entreprise a obtenu tous les permis requis pour faire les travaux de nettoyage.

Dans un souci de transparence, des ingénieurs se sont déplacés à Gaspé pour expliquer les travaux.

Ministère de l'Environnement

Un représentant du gouvernement confirme que les travaux de Petrolia ne nécessitent pas d'autorisation du ministère de l'Environnement parce qu'ils ne sont pas réalisés dans le schiste et n'impliquent pas de fracturation hydraulique.

Toutefois, ils demeurent encadrés par un permis du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles.

Québec dit suivre de près les activités « afin de s'assurer que la santé et la sécurité des personnes ainsi que la qualité de l'environnement soient préservées. »

Mémoire de la ville de Gaspé sur les hydrocarbures. Mémoire de la ville de Gaspé sur les hydrocarbures.  Photo :  ICI Radio-Canada/JF Deschênes

Gaspé exige un BAPE

Parmi les 9 recommandations soumises dans le document de 30 pages, Gaspé souhaite que tout projet de forage et de mise en exploitation d'hydrocarbures en territoire habité ou sensible soit assujetti au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Le maire ne comprend pas pourquoi les projets d'exploration sur Anticosti sont encadrés par l'environnement comparativement à celui d'Haldimand numéro 4.

Selon Daniel Côté, Gaspé est un endroit jugé sensible. De plus, un milieu humide et un cours d'eau sont localisés sont tout près déplore-t-il.

« On a trois magnifiques rivières à saumon de renommée internationale chez nous, personne ne s'y attarde dans le cadre de ces études-là. On se demande : est-ce que Gaspé est traitée à part? » — Daniel Côté, maire de Gaspé
Haldimand no 4 Haldimand no 4  Photo :  ICI Radio-Canada/William Bastille-Denis

Appui

La porte-parole, Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand, partage les mêmes craintes.

Le puits Haldimand numéro 4 se trouve à 350 mètres des maisons et 300 résidences puisent leur eau dans un rayon de deux kilomètres du forage. Elle trouve inconcevable que Québec autorise des travaux d'exploration si près d'une zone habitée.

« Il faut penser au futur, il faut penser à l'eau potable, il faut penser à l'air. » — Lise Chartrand, porte-parole, Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé