Départ de Jean-François Fortin : « Je dois admettre que je suis usé par la politique active »

Le chef de Forces et démocratie, Jean-François Fortin Le chef de Forces et démocratie, Jean-François Fortin

Le chef fondateur du jeune parti Forces et démocratie, Jean-François Fortin, quitte la vie politique. Dans une lettre qu'il a publiée sur sa page Facebook dimanche après-midi, il se dit usé par la politique active et ajoute que sa famille a besoin de lui.

Un texte de Laurence GallantTwitterCourriel

De 2011 à 2015, Jean-François Fortin a été député fédéral de la circonscription qui s'appelait alors Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, d'abord pour le Bloc québécois, puis pour le parti qu'il a fondé en 2014. 

« Je pense que la politique est derrière moi, maintenant. » — Jean-François Fortin, chef du parti Forces et démocratie

Déception et hommages dans le milieu

Le député néodémocrate pour Rimouski-Neigette-Témiscouata-les-Basques, Guy Caron, a entretenu une bonne relation avec Jean-François Fortin depuis une dizaine d'années, même après son saut dans l'arène politique.

« J'aimerais le féliciter pour son implication, je sais qu'avec une jeune famille, c'est jamais facile. » — Guy Caron, député néodémocrate pour Rimouski-Neigette-Témiscouata-les-Basques
Le député fédéral dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les-Basques, Guy Caron Le député fédéral dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les-Basques, Guy Caron  Photo :  Radio-Canada

Guy Caron souligne l'apport de Fortin dans les dossiers de la réforme d'assurance-emploi et du redécoupage de la carte électorale, pour lesquels ils ont étroitement collaboré.

Il se rappelle la présentation qu'ils avaient faite conjointement, devant les commissaires, à Matane, alors que ceux-ci voulaient retirer un comté de la carte électorale, dans l'Est du Québec : « le fait qu'on ait fait une présentation commune, au-delà des allégeances partisanes, ça a été extrêmement important », souligne Guy Caron.

Pour sa part, la mairesse de Mont-Joli et ex-députée péquiste dans Matane-Matapédia, Danielle Doyer, se dit déçue de la façon dont elle apprend le départ de la vie politique de Jean-François Fortin.

Elle ne cache pas qu'elle a eu des différends avec le cofondateur du parti Forces et démocratie après son départ du Bloc québécois, alors qu'elle avait milité pour son élection en 2011, dans la circonscription qui s'appelait alors Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia :

Danielle Doyer, la mairesse de Mont-Joli Danielle Doyer, la mairesse de Mont-Joli  Photo :  ICI Radio-Canada

« Quand on se fait élire par des membres d'un parti politique, une organisation, qu'on prône le respect, la démocratie, et qu'on ne trouve même pas cinq minutes pour appeler Pascal Bérubé et Danielle Doyer qui, pendant deux ans, ont travaillé à nous faire élire, à nous présenter partout [...], je trouve que notre discours ne correspond pas à nos actions », déplore Danielle Doyer.

« J'ai trouvé que c'était un grand manque de respect pour les militants et les bénévoles. » — Danielle Doyer, mairesse de Mont-Joli

Elle comprend pourtant très bien la décision de Jean-François Fortin, qui a de jeunes enfants dont il doit s'occuper.

Quant à Sophie Guimond, qui a travaillé avec lui au sein du comité exécutif du Bloc québécois dans Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, elle estime qu'il s'est toujours investi « à 100 % dans ce qu'il faisait ».

« Je suis convaincue qu'il va continuer à s'investir autant et comme ses valeurs sont celles de développer sa région et de prendre soin de ses gens [...], je pense que c'est ce qu'il va continuer à faire. » — Sophie Guimond, enseignante en adaptation scolaire qui a travaillé au sein du comité exécutif du Bloc québécois dans Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia

Forces et démocratie toujours utile, selon Fortin

Aux élections d'octobre dernier, Jean-François Fortin avait été défait dans sa circonscription au profit de Rémi Massé, du Parti libéral. Malgré son départ, il dit toujours croire au bien-fondé et à l'utilité du parti Forces et démocratie.

Le parti était arrivé en quatrième place dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, avec moins de 12 % des voix. Aucun des 17 candidats n'avait remporté ses élections, pas même l'autre cofondateur, Jean-François Larose.

Malgré le résultat du dernier scrutin, Jean-François Fortin ne regrette pas sa décision d'avoir fondé un nouveau parti :

« Je suis content d'avoir fait de la politique, en me tenant debout pour les gens des régions. » — Jean-François Fortin, chef du parti Forces et démocratie

Il songe à retourner dans le domaine de l'enseignement, au Cégep de Rimouski, mais il mentionne que d'autres avenues sont possibles.