Protection du saumon : la Fédération aurait voulu une mesure plus musclée

Le pêcheur Jeffrey Bourdages Le pêcheur Jeffrey Bourdages  Photo :  Radio-Canada / François Gagnon

La Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) se dit « profondément déçue » par la mollesse des mesures proposées par le Gouvernement du Québec pour la protection de cette espèce.

La FQSA juge que le saumon se porte mal et aurait souhaité des mesures plus musclées

« Il faut penser aux générations futures. On a un devoir de prudence, je crois qu'on est rendus là. On est en 2015, l'environnement nous donne des signes parfois inquiétants. Nous, les humains, on doit agir » — Paul-Maurice Lebouthiller, porte-parole régional de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique

La Fédération déplore le fait que la remise à l'eau obligatoire des grands saumons s'applique uniquement à 16 des 118 rivières à saumon du Québec. 14 de ces rivières se trouvent sur la Côte-Nord.

La FQSA demandait plutôt à Québec d'imposer la remise à l'eau sur l'ensemble des rivières à saumon de la province, à l'exception de celles situées dans le Nord Québécois, et ce jusqu'à ce que le nouveau plan de gestion sur le saumon atlantique soit en vigueur.

Pêcheurs divisés

Dans l'Est du Québec, plusieurs pêcheurs partagent l'avis de la Fédération.

« On a quelque chose à faire pour protéger notre ressource pour les 25, 30, ou 40 prochaines années, pour que mon petit gars puisse pêcher » — Jeffrey Bourdage est membre du conseil d'administration de l'Association des pêcheurs sportifs de saumon de la riviere Rimouski.

D'autres s'inquiètent de l'impact économique de la mesure annoncée par Québec, vendredi. C'est le cas à la ZEC rivière Mitis, où 35% des pêcheurs proviennent de l'extérieur de la région, notamment des États-Unis et d'Europe. Le directeur de la ZEC, Charles Roy, craint que ces pêcheurs boudent la rivière.

Toutefois, Alexandre Dionne, biologiste à la ZEC de la Rivière Mitis, appuie la mesure de Québec et croit que la remise à l'eau obligatoire aidera à la conservation de la ressource. Il souligne que l'organisme a observé, pour l'année 2014, une chute de 50% des montaisons de saumon, et une baisse équivalente du nombre de pêcheurs.

À l'échelle du Québec, la pêche au saumon représente une industrie de 50 millions de dollars.

D'après les informations de Denis Leduc