Abolition du Programme de création d'emplois en forêt : perte de plus de 200 emplois

Marie-Christine Gagnon en discute avec Michel-Félix Tremblay

Le Programme de création d'emplois en forêt, un programme exclusif à la Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, est abandonné.

Son abolition, qui fera économiser 6 millions de dollars à l'État, va entraîner la disparition de plus de 200 emplois.

La Matapédia, au Bas-Saint-Laurent, est principalement touchée et la Gaspésie aussi, dans une moindre mesure.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Laurent Lessard en a fait l'annonce jeudi, lors de l'étude des crédits, à l'Assemblée nationale.

« C'est un programme pour le reboisement qui a été mis en place il y a plusieurs années pour donner de l'ouvrage. Depuis 15 ans, le bois a poussé, il est rendu à être récolté. Le bois est rendu à maturité donc le programme de création d'emplois en forêt est terminé. » — Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard

Le ministre responsable de la région, Jean D'Amour, a pourtant déjà plaidé pour le maintien de ce programme.

40 % du budget pour la mise en valeur de la forêt privée

L'abolition de ce programme d'environ 6 millions de dollars pour aménager la forêt privée, soit 5 millions  au Bas-Saint-Laurent 1 million en Gaspésie, était dans l'air depuis quelques semaines.

Selon le syndicat des producteurs de bois, ce programme représente 40 % du budget pour la mise en valeur de la forêt privée.

Pertes réelles de 2, 5 millions de dollars dans la Vallée

Le directeur général de la Société d'exploitation des ressources de la Vallée (SERV), Éric L'Italien, dit qu'il en avait entendu parler, mais qu'il ne s'attendait pas à ce que le budget soit complètement coupé.

Selon lui, la décision entraîne une perte de 800 000 $ pour les producteurs privés et d'une trentaine d'emplois dans la Matapédia seulement. Mais les pertes seraient plus élevées.

« Dans la réalité, c'est une perte de 2,5 millions $, soit l'argent qu'on génère avec la vente de bois qui accompagne nos activités. C'est toute l'industrie qui se retrouve déstructurée. » — Le directeur général de la Société d'exploitation des ressources de la Vallée (SERV), Éric L'Italien

La forêt : « l'essence même de ce qu'on est »

M. L'Italien rappelle à quel point la forêt est prioritaire.

« C'est notre principale activité économique. C'est l'essence même de ce qu'on est, de quoi on vit. La forêt nous entoure. Trente emplois dans la Vallée, c'est majeur! Dans tous les villages de la Matapédia, pensez aux travailleurs. À Sainte-Marguerite, par exemple, une douzaine de familles sur 300 habitants. » — Le directeur général de la Société d'exploitation des ressources de la Vallée (SERV), Éric L'Italien

M. L'Italien ajoute que dans tout le développement économique régional, la forêt est essentielle.

« C'est un abandon de l'État, estime-t-il. Le ministre Lessard est complètement déconnecté de la réalité s'il nous dit de couper le bois. Dans le cycle d'aménagement dans les 30, 40 dernières années qui a amené la création de ces plantations, elles sont rendues à l'éclaircie commerciale et à l'aménagement pour favoriser la croissance, pas à la coupe finale. Si le ministre nous dit de couper nos plantations, c'est qu'il ne comprend pas les principes de la foresterie. »