L'éperlan trop frileux pour mordre

Le reportage d'Isabelle Damphousse

Les pêcheurs d'éperlans à l'embouchure de la rivière Rimouski ont du mal à assouvir leur passion même si les stocks de portent plutôt bien. Cela est dû en grande partie à l'épaisseur de la glace selon le biologiste, grand expert de l'espèce, Alain Fréchet.

« La création de la glace de surface fait des courants. L'eau devient froide. Elle devient plus dense, plus lourde, elle cale. Ça fait des courants. Ces courants-là vont amener la température de surface jusqu'à 100 mètres de profondeur dans le golfe à des températures très froides », explique le scientifique.

Et contrairement aux pêcheurs qui bravent le froid, l'éperlan est plutôt frileux. Il se tient dans les bas-fonds de l'estuaire, là, où l'eau est généralement plus chaude.

Cette piètre récolte n'est en tout cas pas un signe que l'espèce est en difficulté. Selon Alain Fréchet, l'éperlan, qui fraie en rivière comme le saumon, est même de retour dans plusieurs cours d'eau du Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs décennies, il était absent de nombreuses rivières de la région.

« Oui, il a des années, où la pêche a été très difficile. Mais on avait seulement deux frayères à ce moment-là dans l'Estuaire sud du Saint-Laurent. Maintenant, on est rendu à cinq frayères. Cette année, d'après les biologistes, on aurait du avoir une qualité de pêche, une quantité très bonne », confirme Gaston Dionne, le président de l'Association des pêcheurs d'éperlans de la rivière Rimouski.

Le biologiste Alain Fréchet prévoit réaliser de nouvelles études sur le sujet dès le printemps.

Quant aux pêcheurs, ils ne sont quand même pas à plaindre. Pour eux, la pêche blanche est quand même une partie de plaisir et une bonne raison de se regrouper entre amis pour profiter des plaisirs de l'hiver.

D'après les informations recueillies par Isabelle Damphousse

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