Impact des compressions en région : l'opposition revient à la charge

Parlement de Québec Parlement de Québec  Photo :  Luc Lavigne

Les députés péquistes de Gaspé, Gaétan Lelièvre, et de Rimouski, Harold Lebel, ont à nouveau dénoncé les impacts des compressions du gouvernement Couillard dans les régions, en point de presse vendredi.

Ils estiment que le gouvernement libéral fait la sourde oreille face à la mobilisation des régions contre les mesures d'austérité, notamment à travers la Coalition « Touche pas à mes régions ».

Gaétan Lelièvre fait valoir que le « coffre à outils des régions » a été complètement vidé par les libéraux. « On a enlevé à peu près toutes les organisations qui défendaient les intérêts et les particularités des régions », déplore-t-il.

Selon lui, le gouvernement parle d'abolition de structures, « mais c'est un faux discours, de la démagogie », dit-il.

« Ce qu'on fait, c'est qu'on enlève carrément des budgets. Dans le cas de la Gaspésie, c'est tout près de 15 millions de dollars de budget qui est enlevé aux intervenants de la région. » — Gaétan Lelièvre, député de Gaspé

Appui aux chercheurs en région

De son côté, Harold Lebel donne son appui à la quarantaine de chercheurs québécois qui ont demandé d'être entendus en commission parlementaire sur le projet de loi 28. En point de presse jeudi, ils ont dénoncé les mesures centralisatrices qu'entend adopter le gouvernement libéral.

Vendredi, le député de Rimouski a interpellé le ministre responsable des régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Jean D'Amour, ainsi que ses collègues libéraux à l'Assemblée nationale.

D'entrée de jeu, Harold Lebel a fait valoir que les chercheurs qui veulent se faire entendre sont des gens qui observent le développement local et régional depuis une quarantaine d'années. « Hier, ils sont venus dire que ça n'allait pas bien dans les régions », a-t-il souligné.

« Les gens sur le terrain disent que non, ça ne marche pas, mais vous ne les entendez pas. » — Harold Lebel, député de Rimouski

À la défense des CLD et des CRE

Les députés du Parti québécois (PQ), mais aussi ceux de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont également dénoncé l'abolition des Conférences régionales des élus (CRE) et les compressions prévues dans les Centre locaux de développement (CLD).

Ils estiment que le gouvernement ignore le rôle important des CLD pour le développement économique des régions.

Le député caquiste de Beauce-Nord, André Spénard, a lui aussi interpellé le ministre Jean D'Amour. « Quand on décide de faire le ménage dans une bâtisse, on ne jette pas la bâtisse à terre. Et vous avez jeté la bâtisse à terre, c'est le moins qu'on puisse dire », a-t-il illustré.

« Qu'est-ce qu'ils faisaient les 120 CLD au Québec? Ils répondaient à 30 000 demandes de plans d'affaires pas année. 30 000! Qui est-ce qui va faire ça? Les élus municipaux? Bonne chance dans les régions, dans les petites municipalités. Il y a 800 municipalités au Québec où les élus municipaux, c'est une job à temps partiel », a affirmé André Spénard.

Pour sa part, le gouvernement libéral fait valoir que les élus municipaux se verront octroyer plus de pouvoir par le biais des municipalités régionales de comté (MRC).

« Ce qu'on a annoncé comme réforme, c'est une décentralisation. [...] Au-delà de la réforme, les maires et mairesses du territoire québécois ont saisi cette opportunité », a répliqué Jean D'Amour.

Selon le ministre, les MRC de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent sont déjà bien organisées.